Épilogue

Shizuka était perdue, elle ne savait plus que croire, qui croire et que faire.

Elle remuait dans son lit incapable de trouver le sommeil, regardant les ombres, produites par la lumière qui filtrait à travers les rideaux, s’étirer au plafond.

Une chose était certaine : Elin était finalement une personne bien meilleure que ce qu’elle avait initialement pensé, et ce malgré tout ce qu’elle lui avait fait subir.

Elle ne savait pas trop pour Irina, mais en tout cas elle n’avait pas l’air d’être une mauvaise fille.

Ses doutes demeuraient quant à Vivienne. Elle ne pouvait effacer de sa mémoire son expression faciale sadique et son rire dément. Qui plus est, elle avait vraiment essayé de lui faire du mal, contrairement à ce que disait Elin.

Certes, elle ne l’aurait pas tuée, mais si Shizuka ne s’était pas enfuie, qui sait ce qui serait advenue de sa pureté.

La situation était devenue vraiment complexe entre elles, d’autant plus qu’elle ne pouvait se résoudre à la détester, puisque ce n’était pas le cas.

Si on excluait cette sombre partie de sa personnalité, Vivienne était totalement le genre de senpai dont elle rêvait.

Toutefois, de là à sortir avec elle… c’était le genre de chose que Shizuka n’avait pas vraiment réfléchi jusqu’à présent, elle était bien trop focalisée sur son rêve de devenir une mahou senjo et sur la manière d’y arriver qu’elle n’avait jamais pensé aux histoires de cœur.

En tout cas, comme l’avait dit Elin, il y avait beaucoup de mensonges dans les lectures et les informations qu’elle avait eu jusque-là, aucun mot ne pouvait rendre l’horreur de leurs ennemis et aucun journaliste n’avait vraiment présenté la réalité du monde des mahou senjo.

C’était compréhensible malgré tout. Si le Gouvernement n’incitait pas un tel mensonge, nombre de jeunes femmes ne rêveraient pas autant ce métier et il y aurait moins de recrues et donc moins de personnes pour défendre le pays. En soi, le Gouvernement faisait ce qu’il fallait pour défendre son peuple, c’était juste que Shizuka faisait partie des victimes de cette supercherie.

Ce monde, qu’on lui avait vendu comme magnifique et brillant de mille feux, n’était pas si beau, il était dangereux et rempli de filles vraiment bizarres.

Que devait-elle faire au juste… ? Quelle était sa place dans ce monde ? Devait-elle aussi devenir bizarre pour s’intégrer ?

Pour l’heure, une chose était certaine, elle ne pourrait jamais rejoindre les rangs de l’armée et se faire sa propre opinion sur ces filles-là, elle ne pouvait que continuer ses services dans les agences privées. Quitte à devoir travailler dans l’une d’elle, autant rester sous les ordres d’Elin qui était puissante et bien intentionnée, c’était sûrement la plus sage des décisions.

Le lendemain de ses excuses auprès d’Elin, Shizuka se rendit à l’agence, sans réelle motivation, gênée et angoissée à l’idée de devoir se confronter à Vivienne.

De même que son humeur incertaine, le ciel au-dessus de sa tête était chargé de nuages qui l’obscurcissaient au point de lui donner une teinte entre le jour et la nuit, une journée où on ne savait s’il avait pleuvoir ou non.

Elle hésita avant d’ouvrir la porte coulissante d’entrée lorsqu’elle sentit derrière elle une présence :

— Bien le bonjour, Shizuka-san. Votre écharpe vous va à ravir, est-ce du cachemire ?

C’était la fille qu’elle redoutait le plus, elle se trouvait devant elle alors qu’elle n’était même pas encore entrée.

Elle était aussi radieuse que d’habitude, aussi douce et élégante qu’elle l’avait toujours été, son visage sérieux et son port altier firent douter Shizuka quelques instants quant à ses souvenirs de cette journée maudite au centre commercial.

— Euh… Oneesama… ? Euh…

— Si vous permettez ?

Shizuka hocha légèrement de la tête et Vivienne se permit de toucher l’écharpe rouge foncé qu’elle portait. Elle la palpa délicatement quelques instants, puis la rapprocha de son nez.

— Trop léger pour être du parfum… Vous utilisez un gel douche à l’odeur de myrtille et violette, n’est-il pas ?

Ses capacités d’analyse en ce qui concernaient les accessoires et produits de mode étaient d’un niveau incroyable, pensa Shizuka alors qu’elle répondit timidement :

— Oui, c’est ça…

Vivenne remit l’écharpe à sa place, puis plaça sa main sur la lanière de son sac à main qu’elle portait à ses côtés avec une élégance toute féminine.

— C’est une odeur qui vous sied à ravir, chère amie. Bien que cette discussion nous intéresse au plus haut point, il serait sûrement plus avisé que nous la poursuivions à l’intérieur, ne pensez-vous pas ?

— Oui… Oneesama…

— Après vous, s’il vous plaît.

Shizuka entra dans l’agence en sentant derrière elle la présence de sa senpai qu’elle admirait tant, elle ne put s’empêcher d’éprouver cependant une certaine crainte, le visage dément n’avait pas encore quitter sa mémoire, elle ne pouvait résolument plus la voir avec les mêmes yeux innocents qu’auparavant.

De son côté, la noble magicienne semblait agir comme si de rien n’était, elle se déchaussa, se dévêtit de son manteau et attendit la jeune femme plus lente qu’elle.

Elles se rendirent ensemble dans la salle de détente qui était en cette saison la pièce la plus chaude en raison de la présence d’un kotatsu.

A l’intérieur, tout était en désordre, Elin et Irina dormaient toutes les deux sous la couverture de la table chauffante, et en entendant la porte s’ouvrir, leur chef ouvrit légèrement les yeux et se redressa en position assise ; ce qui dévoila aux deux filles le fait qu’elle dormait nue.

— Qu…que… c’est indécent !!! Eliiiiinnnnnn !!! S’écria Shizuka en se couvrant les yeux et en se retournant pour faire face à Vivienne qui lui sourit et haussa les épaules d’un air résigné.

— Yo ! C’était une rude nuit… L’event spé noël c’était quelque chose, le Dark Santa du Chaos nous a fait wipe huit fois avant qu’on réussisse à down l’instance…

Elin bailla tout en se grattant la tête ; ses couettes étaient en désordre, ses cheveux en épi, mais elle se fichait de son état, elle n’avait pas ce genre de pudeur.

— Bien le bonjour, chef. Votre tenue indispose notre récente recrue et chère collège. Auriez-vous donc l’obligeance de revêtir quelque chose pour qu’elle puisse entrer dans la pièce et profiter du confort et de la chaleur du kotatsu ?

La chef lui porta un regard qui exprimait son mécontentement, mais, malgré tout, elle sortit de sa couche sous la table et s’en alla prendre le pull qu’elle portait la veille.

— Voilà, c’est bon je suis habillée, tu peux te tourner Shi-chan.

Sur ces mots, elle bailla et chercha à côté du meuble parmi les paquets de biscuits vides s’il n’en restait pas un qui ne le soit pas.

— Elin-san, tu es terrible, s’exclama Shizuka en posa son sac par terre et en s’asseyant à la table basse. Qu’est-ce que tu aurais fait si c’était un client qui était rentré dans la pièce ?

— Bah, j’aurais fait pareil je pense…, expliqua-t-elle en revenant s’asseoir un paquet de biscuit à la main.

— Mais tu étais nue !! C’est pas comme ça qu’une fille doit se comporter…. Non, une femme car dans ton cas, on ne…

Le regard endormi d’Elin se tourna vers elle avant qu’elle ne puisse finir sa phrase, il était un peu plus expressif que d’habitude et semblait ne vouloir dire qu’une seule chose : « Si tu continues, je te tue ! ».

Aussi, sur le visage angoissé de Shizuka se forma une goutte de sueur qui s’écoula le long de sa joue et elle se tut finalement.

— Toutefois, nous approuvons le discours de notre chère Shizuka-san, la soutint Vivienne en poussant les divers objets présents sur la table, votre hygiène nuit à notre image d’entreprise.

— On a pas d’image, on est une agence parmi d’autres, des ratées parmi les ratées…

— Nous ne pensons pas que nous qualifier nous-mêmes de la sorte soit une chose saine. Et, quand bien même vous auriez raison, ne serait-il pas plus avisé que nous devenions la seule lumière au sein de cette mer de naufragées ?

— Je suis pas sûre que t’es la mieux placée pour dire ça… , expliqua sans gêne Elin en tendant le paquet de biscuits aux deux filles pour leur en proposer.

La première le regarda avec dégoût et déclina, tandis que la seconde usa de plus de bonnes manières pour refuser.

— Ça te gênerait pas du tout qu’un homme entre dans la pièce alors que tu es nue, endormie et décoiffée ? Vraiment ? Demanda Shizuka avec une expression dépitée.

— Yep, je m’en fous. Il peut bien mater tant qu’il veut, tant qu’il essaye pas de toucher.

— T’es un cas désespéré, conclut Shizuka en soupirant.

Soudain, son pied toucha quelque chose, elle reconnut qu’il s’agissait-là du corps d’Irina, c’est là qu’un doute survint dans son esprit.

— Euh…. Elin-san ? Irina est aussi…

— Nan, elle est pas à poil. Je lui l’interdit. J’ai pas envie de voir ses gros seins de vache à lait remuer à côté de moi.

— Hein ? Ça me rassure, mais en même temps… je trouve ça injuste pour elle, quand même, commenta Shizuka avec une nouvelle goutte de sueur sur son visage.

— Pfff, me cherche pas trop, Shi-chan, sinon tu vas passer dans le camp des ennemies.

Elin fixa la modeste poitrine de Shizuka, qui, en comparaison à la parfaite platitude qui régnait sur le torse de sa patronne, paraissait malgré tout bien plus imposante.

Elle la cacha de ses mains et rougit en protestant :

— Ils sont pas gros !!! Je n’y peux rien si tu as un physique de fillette !!

— Nous apprécions votre physique modéré et harmonieux, ma chère amie, mais veuillez à ne point manquer de modestie quand à votre féminité.

Vivienne disposa une petite nappe brodée sur la table tout en prononçant de manière calme ces mots qui signifiaient en résumé « qu’il ne valait mieux pas se vanter du peu qu’elle avait en plus qu’elle ».

Shizuka se recroquevilla malgré elle en cachant sa poitrine et en prenant une expression pitoyable, c’est à ce moment-là qu’Irina se redressa d’un coup.

Ses yeux étaient encore clos, ses cheveux décoiffés, sa chemise déboutonnée et en vrac :

— Vous en faites du bruit les filles… Ch’suis fatiguée… Laissez-moi…

Avant même de finir sa phrase, elle s’écroula sur la table et toutes les filles autour de la table purent voir ces deux rondes masses de chair s’écraser sur le kotatsu.

La vue était imprenable, la chemise déboutonnée jusqu’au nombril n’avait caché que l’essentiel laissa deviner le reste.

— Elle ne porte pas de… , fit remarquer à haute voix Shizuka.

— Tssss ! Saleté de gamine sur-développée…, grommela Elin en grinçant des dents.

— La Nature peut sembler bien injuste, mais rappelons-nous que d’autres parties de son organisme n’ont pas profiter des mêmes largesses.

Derrière Irina, au sol, traînait un soutien-gorge noir assez quelconque, il était tout aplati puisqu’elle avait dormi dessus. Shizuka put lire avec une certaine jalousie que sur l’étiquette figurait la lettre « D ».

***

En milieu d’après-midi, en cette journée finalement très calme, la neige commença à tomber.

— Ohh, il neige…, fit remarquer Shizuka. C’est rare !

— La neige tombe à propos, déclara Vivienne qui vint se placer à la fenêtre, à ses côtés. Auriez-vous oublié que nous sommes la veille de noël ?

— Ah oui, j’avais oublié…

Depuis l’Invasion, le nombre de croyants à travers le monde avait énormément chuté, il devenait de plus en plus difficile pour les êtres humains de croire en l’existence d’un dieu bienveillant alors que des entités cauchemardesques tentaient d’envahir le monde.

Qui plus est, nombre de personnes avaient fait des rapprochements entre d’anciens écrits du début du vingtième siècle et la situation actuelle et avaient remarqué que loin de ne s’agir que de littérature, les récits relatifs aux Anciens étaient en partie vrais.

Aussi, le livre dont l’existence avait jadis été remise en doute, le dénommé « Nécronomicon », devint pour nombre un nouveau texte sacré. Selon cette dernière, nombre des dieux païens, des kamis, des bouddha et des dieux des religions monothéistes étaient en vérité des avatars projetés à travers des dimensions par les Anciens.

Le Nécronomicon ne parlait pas de dieux bienveillants, mais d’entités ancestrales qui avaient jadis crées les hommes et avaient vécu sur leur monde des milliards d’années avant eux. Ils avaient été bannis du monde par des Dieux. Leur invasion visant à nouveau la Terre impliquait donc bel et bien que ces textes n’étaient pas de simples fabulations, mais des prophéties. Du moins, en partie.

En vérité, personne ne savait réellement ce qui avait jadis banni les Anciens, ni qui étaient ces étranges familiers qui s’étaient qualifiés eux-mêmes de « Dieux ».

Même avant l’Invasion, l’ancien Japon n’était pas un pays catholique, aussi noël n’avait jamais été une fête très importante, elle était donc encore plus tombé en désuétude et, parmi les plus jeunes, nombre n’en connaissaient même pas le nom.

Shizuka l’avait fêté plusieurs fois étant enfants, car ses parents voulaient lui donner de bons souvenirs, mais cela fait bien longtemps.

— Oneesama ? En tant qu’Amaryllienne de naissance, est-ce que vous accordez à cette journée une importance particulière ?

— Non, pas réellement… Si votre question était relative à nos croyances, nous n’en avons point.

— Ah je vois…

Vivienne regarda la neige tomber de l’autre côté de la fenêtre avec une certaine mélancolie.

— Bon les filles, j’ai une mission pour vous…, déclara leur chef.

— Ah bon ? Demanda Shizuka en se retournant pour l’observer. Je n’ai pourtant pas entendu le téléphone sonner…

— Non, c’est une mission secrète que j’ai projeté depuis quelques temps déjà. Allons manger un yakiniku à volonté ce soir… c’est moi qui paie.

Ces paroles provoquèrent le réveil soudain d’Irina qui somnolait depuis le début de l’après-midi ; en fait, elle s’était réveillée un peu avant midi pour manger, puis s’était rendormi peu après.

— OUIIIIII !!! Ça faisait longtemps qu’on avait pas fait un yakiniku ! J’dois me faire belle, Erieri ?

— Fait comme tu veux, mais enfile ton put*** de soutif sinon je te l’enfonce sur la tête !

— OK OK !! J’vais me faire péter le bide ce soir !! Hihihi !

Shizuka la regarda dépitée, elle pensa : « toujours aussi élégante », puis elle tourna son regard vers Vivienne qui semblait bien triste.

— Oneesama ? Un problème ?

La jeune noble prit quelques secondes avant de répondre, elle semblait absente.

— Aucunement. Un tel projet nous semble intéressant, nous vous remercions d’avance, Elin-san.

— Euh… ouais, merci Elin-san.

Les deux filles s’inclinèrent légèrement pour remercier leur boss pendant qu’Irina dans un coin commençait à se déshabiller.

— Ch’vais me doucher, vous partez pas sans moi !!!

Sur ces mots, elle quitta le salon complètement nue, sans aucune pudeur.

Shizuka tomba à genoux, elle était désespérée par ses collèges, elle avait envie de pleure toutes les larmes de son corps.

— Pas une pour sauver l’autre…, pensa-t-elle.

Toutefois, elle remarqua qu’à côté d’elle l’ambiance était bien plus sérieuse, Elin et Vivienne se fixaient dans les yeux de manière sérieuse. Finalement, après quelques secondes, Elin annonça :

— T’inquiètes, je le fais pas pour toi, Vivi. Te prends pas pour le centre du monde… Disons que ça fait deux choses à fêter ce soir.

— Deux choses ? Demanda Shizuka de manière particulièrement surprise.

— Ton retour en est une.

— Et la seconde ?

— Ça c’est un secret entre nous.

— Hééé ? Pourquoi avoir dit qu’il y en avait deux alors ? Je suis curieuse maintenant…

Le visage de Shizuka afficha une expression dépitée alors qu’elle réprimanda sa chef qui bailla une fois de plus et la regarda impassible.

— N’ayez crainte, il ne s’agit point de quelque chose d’important contrairement à la première raison. Nous sommes sincèrement contente de vous revoir parmi nous et nous nous excusons si, d’une manière ou d’une autre, nous avons pu blesser vos sentiments précédemment.

— Onee… Oneesama… je… je…

Les larmes montèrent aux yeux de Shizuka, elle les retenait depuis quelques temps déjà.

Toute la journée durant, elle avait voulu lui parler sans savoir quoi dire. En vérité, elle n’avait pas grand-chose à expliquer, il n’y avait rien qu’elle aurait pu dire pour arranger la situation. Elle devait simplement accepter que son image sublimée de Vivienne était fausse et l’accepter telle qu’elle était réellement.

Elle voulait lui dire quelque chose du genre, elle voulait lui dire que ce n’était pas sa faute et lui demander naïvement de revenir à l’époque d’avant, mais elle se rendait bien compte qu’elle était le principal obstacle pour ce faire.

De toute manière, Vivienne ne lui laissa pas le loisir de prononcer quoi que ce soit, elle posa son index sur sa bouche délicatement et continua de parler :

— Nous ne connaissons pas vos sentiments à notre égard, mais vous voir ici en cette soirée spéciale nous emplit d’une joie sans borne, soyez-en assurée. Nous espérons toutefois avoir gardé dans votre cœur quelque signe d’affection que vous saviez si bien nous témoigner.

Shizuka se mit à pleurer à grosses gouttes, elle avait peur de sa senpai, mais elle l’appréciait toujours tellement. C’était l’une des seules personnes qui semblait vraiment l’apprécier et remarquer ses efforts, elle l’aimait du fond du cœur et détestait cette ironie du sort qui les avait séparées.

Elle se sentait honteuse de l’avoir trahie, aux yeux de Vivienne son comportement avait été normal, pourtant elle s’était excusée quand même.

Aussi, Shizuka fit la seule chose qu’elle savait faire dans ce genre de situation : baisser la tête et pleurer .

— Rhooo! T’es vraiment une sale pleurnicheuse, Shi-chan. Bon, dépêche-toi de sécher ces larmes de crocodile, sinon je t’amène au resto à poil, je te préviens.

— HEINNNNN?! Non je veux pas ça!!!

A cet instant, Irina revint complètement nue dans la pièce, elle semblait y avoir oublié quelque chose.

Ayant sûrement entendu la discussion depuis le couloir, elle ajouta :

— Tu ferais mieux de faire ce qu’elle dit, Shi-chan. Vu que c’est Eri-chan, elle est foutu de le faire vraiment, t’sais? Et au fait, joyeux anniversaire Vivi-chan !

Puis, tel une vent chaotique, qui désignait parfaitement son caractère libre et sans entrave, elle quitta la salle de détente en courant vers la salle de bain.

Les trois filles restèrent quelques secondes bouches bées suite aux ravages de la « tempête Irina », puis Shizuka se remit à pleurer, mais pas pour les mêmes raisons que précédemment.

Vivienne à ses côtés lui caressa la tête et lui tendit un mouchoir en tissu brodé particulièrement raffiné.

Elle se calma un peu, retint ses sanglots, puis prit en souriant le mouchoir qui lui était tendu.

Reprenant ses forces et son courage, elle tourna sa tête vers Vivienne et lui dit en souriant maladroitement :

— Joyeux anniversaire, Oneesama !

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