Tome 1 – Chapitre 9

Yumeki sentait qu’il était porté. Sa conscience n’était pas totalement revenue, ses muscles et sa volonté étaient tous deux engourdis.

Combien de temps s’était-il passé depuis son combat au juste ? Il l’ignorait.

Un peu comme au réveil, il força ses yeux à s’ouvrir malgré toute la difficulté que cela impliquait. Néanmoins, il se rendit rapidement compte qu’il n’avait pas encore récupéré ses forces, il était sous le coup d’une fatigue d’une intensité qu’il n’avait encore jamais ressentie jusqu’alors, un état d’exténuation si extrême qu’il ne parvenait à bouger aucun de ses membres.

Tant bien que mal, il entrouvrit ses yeux, mais c’était comme s’il avait devant son regard un léger voile blanc, une sorte de brouillard qui rendait tout particulièrement difficile à percevoir. Si on cumulait cela à l’obscurité ambiante, il ne voyait en somme que des lumières diffuses qui devaient être celles de réverbères.

Néanmoins, son corps se déplaçait, il en était sûr, et ce n’était pas par ses propres forces.

Aussi, il tourna la tête vers la droite et distingua péniblement un visage humain, celui de Linka.

C’était donc elle qui le portait, voilà une pensée particulièrement embarrassante ; en soi, être porté par une jeune femme n’était pas un acte très chevaleresque, mais en plus par une jeune femme qui était déjà à la base très délicate…

Aussi, il rassembla ce qu’il pouvait de ses forces pour bouger ses lèvres :

« C’est bon… Je vais marcher… Pas la peine de me porter, Linka. »

Il était sûr d’avoir parlé avec une voix si lente et avec des mots si mal articulés qu’une personne ivre n’aurait rien à lui envier.

Il crut entendre une réponse, mais il n’en distingua nullement le sens. Cela dit, au vu de la situation, il était persuadé qu’il s’agissait d’un refus.

À dire vrai, même s’il avait formulé cette requête, il était face à une impasse : aucun de ses muscles n’acceptait de réagir, il était tout simplement incapable de marcher.

Il reprit péniblement la parole :

« Tant pis… Je n’y arrive pas, désolé de t’imposer ça… »

Encore une fois, il y eut une réponse, il crut simplement comprendre : « Pas grave ».

La réponse coulait de source, elle devait bien se rendre compte de l’état de Yumeki, que pouvait-elle dire ?

Quelle fille pleine de surprise, je n’aurais pensé qu’elle était capable de me porter.

Une pointe d’admiration accompagna cette pensée à l’intérieur de Yumeki.

Mais il y avait quelque chose qu’il devait dire, une sorte de confession, il ressentait le besoin de l’extérioriser, un peu à la manière des personnes à l’agonie qui voient leurs vies défiler devant leurs yeux alors qu’elles s’emplissent soudain de regrets et qu’elles se sentent l’envie de confesser leurs pensées honteuses.

Yumeki ouvrit à nouveau la bouche pour laisser sortir des mots un peu plus assurés et plus rapides que les phrases précédentes :

« Linka, je voulais te dire… que je suis content de t’avoir rencontrée, tu es vraiment une fille sympa. Même si je le dis pas forcément, je me suis bien amusé depuis que je te connais. J’espère qu’on continuera de se voir… encore… »

Il était à bout de forces. Sa tête tomba mollement sur l’épaule de son porteur, qui continuait de marcher.

Une réponse qu’il ne put entendre fit suite à cette confession :

« Euh… pour la troisième fois, je ne suis pas Linka. Cela dit, voilà une confession particulièrement intéressante. Hahaha ! Je me demande si je devrais la répéter à l’intéressée ? »

Il s’agissait de la voix de Kazuo, c’était ce dernier qui portait Yumeki sur son dos.

La jeune femme, après lui avoir confié la charge de son « chevalier », avait donné l’adresse de l’appartement qu’elle appelait à présent le « Quartier Général » et était partie « en éclaireur » afin de préparer le lieu.

Actuellement, Kazuo arpentait une ruelle un peu éloignée de la Chuo-Dori.

« Finalement, ce ne serait pas drôle ! Je crois que je vais laisser les choses se faire… Hahahaha ! »

Il se mit à rire de manière assez forte, brisant le silence nocturne, ce qui lui donna malgré lui un quelque chose d’inquiétant et de maléfique.

***

Quelques heures plus tard…

D’un coup, comme s’il avait entendu un réveil ou s’il y avait eu un quelconque état d’urgence, Yumeki ouvrit les yeux. Il se souvint de son combat et se rappela également avoir été porté.

Aussi, il ne mit pas longtemps à reconnaître le lieu où il était : c’était l’appartement que Linka lui avait prêté, celui qui servirait à entreposer sa collection.

C’était le matin, la lumière tamisée par les rideaux entrait dans la chambre. Ce n’était pas une aube radieuse, mais un soleil pâle et morbide d’automne.

Yumeki se redressa légèrement avant de constater qu’il était en mauvais état, il peinait à bouger le moindre muscle.

Sa première analyse des environs lui permit de se rendre compte qu’il n’était pas seul : Kazuo et Linka jouaient à la console, assis sur des chaises. Ils étaient très proches de la télévision en raison du volume sonore particulièrement faible.

Tout à coup, la pensée d’avoir laissé Linka seule avec Kazuo, ce pervers notoire, l’effraya. Que s’était-il passé pendant son inconscience ? Avait-il essayé des approches avec la belle et délicate Linka ?

Cela dit, il dût bien se rendre compte qu’ils jouaient ensemble, rien de grave ne s’était donc passé, elle ne semblait pas forcée de s’exécuter à cette tâche.

Mais cette pensée rassurante fut suivie d’une autre moins réconfortante : si cette constatation prouvait qu’il n’y avait eu quoi que ce soit de violent, cela n’excluait pas qu’il y ait eu quelque concupiscence entre eux.

Cette pensée dérangea profondément Yumeki, il n’avait pas envie de s’imaginer une telle chose.

Au fond, elle est libre de faire ce qu’elle veut ! finit-il par se dire.

Lorsqu’il conclut cette pensée, la jeune femme tourna la tête dans sa direction et lui envoya un sourire.

Suite à quoi, elle la retourna vers la télévision et s’exclama :

« Pause ! Yumeki est de retour ! »

Le jeu s’arrêta et les deux corps se tournèrent vers le jeune homme.

« Bonjour ! Bien dormi, la Belle au bois dormant ? »

Kazuo accompagna cette question un peu vexante, mais posée sur un ton au contraire plutôt léger et taquin, d’un clin d’œil qui fit frisonner Yumeki.

Linka, elle, d’une façon amicale et spontanée, s’approcha du canapé où il était à demi allongé et lui saisit la main :

« Tu as été excellent ! Digne d’un chevalier wyvern ! »

Sur ces mots, elle s’éloigna à nouveau.

À ce moment-là, le jeune homme remarqua un détail embarrassant : il ne portait pas de haut.

Qu’en était-il du reste de son corps ? Il ne pouvait pas en être sûr sans attirer l’attention des deux autres personnes présente.

« Qu’est-ce qui… »

Il constata que sa voix était enrouée, il avait encore un peu de mal à s’exprimer.

Mais Kazuo poursuivit sa phrase :

« … s’est passé ? Très simple. Après ton combat, tu t’es écroulé de fatigue. Je suis arrivé à ce moment-là et je t’ai porté jusqu’ici. »

Linka ajouta d’un ton enjoué :

« Et, en attendant que tu te réveilles, on a joué en coopération à Biological Threat 8. C’est un excellent jeu en coopération, malgré une histoire un peu… approximative. On peut dire ça, non ? »

Elle tourna la tête vers Kazuo. Ce dernier porta la main à son menton d’un air de profonde réflexion, puis répondit :

« Ouais, on peut dire ça. Le scénario n’est pas le plus… le plus palpitant, mais l’action est cool et la coopération est bien fichue. »

Tous deux hochèrent légèrement la tête en guise d’approbation à ces propos, tout en arborant un air de satisfaction ; manifestement, malgré son scénario, ce devait être un bon jeu, c’est ce que se dit Yumeki.

« On y jouera ensemble, la prochaine fois si tu veux… voire plus tard, en fait… » ajouta Linka tout en réfléchissant.

Cette phrase fit jaillir en Yumeki un sentiment d’urgence, une révélation soudaine : il était censé aller travailler ce matin, or il n’était toujours pas parti. Quelle heure était-il au juste ?

Il sortit une main de sous la couverture qui le couvrait pour se frapper le front d’un air de reproche.

« Eh, merde ! Mon travail ! Il est quelle heure ? »

Kazuo fut le premier à lui répondre d’un air calme, tout en ajustant ses lunettes :

« Il est 11 heures, mais je pense pas que tu puisses aller travailler dans ton état. Ta priorité est de te remettre d’aplomb, tu devrais prendre ta journée. »

Yumeki retomba en position couchée, laissant tomber son corps lourdement ; c’était la première fois qu’il ratait un jour de travail, il ressentait de la culpabilité et de la honte l’envahir.

« C’est pas si grave, si ? Yumeki ? »

Cette fois, c’était la voix douce de Linka qui lui avait posé la question.

Il prit quelques secondes de réflexion. Même si la pensée ne l’enchantait pas vraiment, il fallait se rendre à l’évidence : ce qui était fait était fait, il devait se concentrer sur ce qu’il allait faire maintenant.

Il pouvait toujours tenter d’aller travailler l’après-midi, mais il réalisa que comme l’avait dit Kazuo son corps était trop exténué.

Il fallait appeler son entreprise et leur promettre qu’il rattraperait le temps perdu, il n’y avait que cette façon-là de procéder ; ils n’allaient tout de même pas lui tenir rigueur d’un problème de santé se dit-il.

« OK, on n’y peut rien… Il est où mon portable ? »

D’instinct, il chercha dans sa poche et constata, avec soulagement, qu’il portait toujours son pantalon.

Kazuo prit sur la table basse l’objet de la demande :

« On voit bien tes priorités, Monsieur l’esclave de la société de consommation moderne ! Au fait, tes blessures vont bien ? On les a pansées et bandées… Par contre, tu auras peut-être quelques cicatrices sur les épaules… »

Aux mots de Kazuo, Yumeki se rendit compte qu’avant même de les remercier des soins qu’on lui avait prodigués, il s’était inquiété de son travail. Il se sentit doublement honteux.

Aussi, il tenta tant bien que mal de faire une courbette pour s’excuser :

« Merci à tous les deux ! Ma réaction était déplacée. Merci, sincèrement ! »

Linka sourit :

« Bah, c’est pas grave ! Tu m’as sauvée dans l’autre monde aussi… et je pense que ton travail est important pour toi, donc… pas de problème ! »

Un silence s’installa quelques secondes. Yumeki finit par le briser en demandant :

« Et le colis ? »

Kazuo regarda en direction d’un coin de la pièce et répondit :

« Il est là-bas, il n’a subi aucun dégât. Je l’inclurai à ma collection… ou plutôt à ta future collection, car chose promis chose due, elle sera tienne dans quelques jours. »

Il marqua une courte pause :

« Par contre, puisqu’on en est aux excuses, je voudrais m’excuser auprès de vous. Je vous ai utilisés pour faire sortir cet extraterrestre et son disciple. J’ai préféré ne pas vous en parler afin de les tromper plus efficacement… Sincèrement désolé. »

Linka, sans hésitation aucune, répondit :

« Bah, c’est pas grave ! C’est logique, si tu nous l’avais dit, on aurait pu faire foirer le plan. »

La réponse de Yumeki fut différente :

« Mmm, je vais pas en dire autant. Linka a failli mourir de l’autre côté… et moi aussi, en fait. Tu peux nous expliquer plus en détail ? »

Kazuo hocha la tête et se lança dans son récit : il leur expliqua ce qui s’était passé avec Nakamura, la déclaration de guerre, les attaques surprises sur sa personne, puis l’alliance de Nakamura avec l’alien, il alla même jusqu’à leur expliquer le fait qu’il le soupçonnait d’avoir mené des sacrifices humains.

À cet égard, il ajouta que sa mission personnelle n’était pas complètement finie : il allait le prendre en chasse et procéder à un lavage de mémoire et à une altération de personnalité. Néanmoins, c’était une mission qu’il souhaitait accomplir seul, il ne sollicitait pas leur aide.

Enfin, il leur raconta son combat contre l’alien et le fait qu’en raison de son intervention, le retour de Nakamura avait été retardé.

Il les rassura en leur disant que de toute manière il serait venu les chercher de l’autre côté, si les choses s’étaient mal déroulées.

Suite à quoi :

« En tout cas, félicitations, Yumeki ! Pour un débutant, tu es carrément surprenant. Mais fais attention, tu vas attirer leur attention… »

Yumeki sourcilla d’un air interrogateur : de quoi voulait-il parler ?

Kazuo dut s’en rendre compte puisqu’il ajouta à voix basse :

« Les hommes en noir ! Fais attention à eux ! »

Suite à ces mots, il rajusta ses lunettes et hocha légèrement la tête comme pour confirmer ses propres dires.

Yumeki secoua la tête comme pour dire qu’il ne prêtait nulle valeur à ces allégations.

« Je comprends pourquoi Linka a tellement confiance en toi… L’Élu. »

Il tourna sa tête vers Linka et tous deux hochèrent légèrement la tête en rythme.

« AH ! ARRÊTEZ AVEC CETTE HISTOIRE ! Je ne suis pas un élu ! … En plus, Linka m’a dit que c’était une invention cette histoire… »

Il avait crié le début de la phrase et en avait marmonné la fin tout en tournant la tête d’un air vexé.

Kazuo et Linka se mirent à rire, et Yumeki, finalement emporté dans leur bonne humeur, fit de même.

Une fois que l’ambiance joyeuse retomba :

« Linka, tu pourrais me chercher mon manteau, je vais y aller.

– Ah, déjà ? C’est dommage… »

Kazuo leva les épaules d’un air résigné :

« En théorie, je ne devrais même pas être ici. Si ma femme l’apprend… Enfin, ma future femme…

– Tu vas partir en chasse ? demanda calmement Yumeki.

– Pas le choix ! Pas de repos pour les braves ! »

Il lui lança un nouveau clin d’œil un peu pervers, une spécialité dont il était le seul à avoir le secret. Yumeki se sentit dégoûté, son corps tout entier frissonna.

Linka se leva, s’éloigna et alla chercher le manteau de Kazuo.

À ce moment-là, ce dernier se rapprocha de Yumeki et lui chuchota :

« Au fait… Merci pour tes gentilles paroles lorsque je te portais, mais je préfère les filles ! Hahahaha ! »

Il conclut sa phrase par un rire assez fort.

Cette remarque fit jaillir des souvenirs dans la tête de Yumeki. Il se souvint avoir effectivement confessé quelque chose sur le chemin ; ce n’était donc pas à Linka, mais à Kazuo.

Il rougit, et grommela quelques excuses incompréhensibles avant que Linka soit de retour avec le manteau.

Sans arrêter de rire, Kazuo attrapa le vêtement, l’enfila, salua Linka et Yumeki de la main, et quitta l’appartement.

« Qu’est-ce qu’il t’a dit de si drôle ? »

Yumeki rougit encore plus, détourna le regard et répondit de manière hésitante :

« Rien… Rien du tout ! Un truc de mecs… »

Linka inclina sa tête de manière adorable, à la manière d’un petit chiot, mais ne posa pas plus de questions.

« Tu restes là aujourd’hui, alors ? Ça te dit de jouer à Biological Threat 8 ou tu préfères continuer Wyvern Quest ? »

Cela lui refit penser à son travail, il ne devait absolument pas oublier de téléphoner.

« Attends, je vais téléphoner à mon travail et on jouera ensuite.

– D’accord ! » s’exclama-t-elle sur un ton particulièrement enjoué, elle débordait d’énergie.

« Je vais nous préparer du thé le temps que tu téléphones. Ça te va ? »

Il hocha la tête et saisit son portable. Il regarda par la fenêtre et, en soupirant, il se dit que les choses devenaient bien compliquées. Finalement, il était plutôt content que sa confession soit tombée sur la mauvaise personne.

***

Quelques jours plus tard, le week-end arriva. Même si Yumeki avait dû récupérer les heures de travail qu’il avait perdues à cause du précédent incident, il avait un peu de temps libre.

Ce matin-là, Linka lui avait téléphoné pour le prévenir que la collection était arrivée sous la forme de huit cartons apportés par un service de livraison, elle ne les avait pas encore ouverts, elle préférait lui en laisser la primeur.

Aussi, suite à son insistance, il s’était rendu à Akihabara, pour aller à l’appartement.

« Tadaaaa ! »

À peine la porte s’était-elle ouverte que Linka l’accueillit avec cette exclamation. En cette journée, elle portait un pull trop grand pour elle qui laissait entrevoir un t-shirt coloré en-dessous, ainsi qu’un pantalon de survêtement noir.

Elle était probablement en mode détente, se dit intérieurement Yumeki.

Une fois qu’il fut entré et qu’il ait salué d’un signe de main la jeune femme, sans plus attendre, celle-ci attrapa un cutter qu’elle lui tendit avec un large sourire, elle semblait aussi excitée qu’un enfant face à un cadeau de Noël.

Il soupira de consternation et, comme s’il se rendait compte qu’il ne gagnerait pas, se saisit de l’outil.

Il s’approcha du premier carton et découpa le ruban adhésif.

Mais en l’ouvrant, quelle ne fut pas sa surprise : c’était comme il s’y attendait des livres, mais ce n’étaient pas des mangas « normaux ».

En effet, toutes les couvertures affichaient des images à caractère sexuel, des femmes dénudées partiellement ou totalement.

Yumeki rougit au moment où la voix étonnée de Linka s’éleva :

« Ah, des doujin R-18 ! Il y a en a tellement… et des super rares en plus… »

Elle se saisit de l’un d’entre eux. Il y avait sur la couverture une jeune femme aux prises avec des tentacules.

Frénétiquement, Yumeki ouvrit les autres cartons et, outre d’autres doujinshi, il trouva des Blu-ray collectors, ainsi que pas mal de figurines soigneusement emballées. Toutes du même registre, du R-18, comme l’avait si bien dit Linka.

Contre toute attente, cette dernière ne paraissait pas du tout gênée, elle regardait tous ces objets avec une certaine passion dans les yeux, contrairement à Yumeki qui ne savait pas où se cacher.

« C’est ça, sa COLLECTION ?!!! »

Linka se mit à rire en se couvrant la bouche de ses mains.

Quelque chose attira le regard du jeune homme. Il attrapa une boîte assez volumineuse pour lire un post-it collé dessus : « C’était le contenu du colis. Merci de m’avoir permis de tirer ma révérence sur cette magnifique œuvre. »

Yumeki regarda de plus près le boîtier, c’était la version collector, avec la figurine et les cartes postales, d’un doujinshi tiré à très peu d’exemplaires et qui avait été mis en vente lors d’un Comiket — d’après ce que lui apprendra par la suite Linka — : 可愛い妹パラダイス5・Kawaii Imouto Paradise 5 !!!!!

« AAAAHHHH !! »

Ne trouvant pas de mots pour décrire sa consternation, il se contenta de crier.

Linka n’arriva même plus à cacher son fou rire, elle en pleurait.

***

Quelques heures après, il avait quitté l’appartement pour rentrer chez lui.

Linka avait beau lui avoir dit que « c’était cool, qu’il y ait un tas de bonnes œuvres dans cette collection », il ne pouvait s’empêcher de se sentir déçu. Il n’avait pas vraiment envie de tirer ses pouvoirs d’œuvres hentai.

Néanmoins, il décida de les garder et de les entreposer dans l’une des deux chambres. Celle qu’il avait vu précédemment semblait avoir été aménagée à cet effet, il n’y avait que des rangées d’étagères alignées, vides pour le moment, prêtes à accueillir la future collection de Yumeki.

Il se demanda à nouveau, même si c’était une question inutile, qui pouvait bien être Linka. Quelle était l’origine de son revenue si elle ne semblait pas avoir de travail ?

Alors que ses pas le menèrent sur les quais de la Chuo/Sobu, il se rappela un détail qui lui était totalement sorti de l’esprit :

« AAAHHH ! J’ai oublié d’acheter mon ordinateur ! »

Alors qu’il s’écriait de la sorte, les personnes autour de lui le regardèrent d’un air interrogateur.

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