Tome 1 – Épilogue

Quelques jours plus tard…

Yumeki était chez lui, dans son propre appartement, c’était le matin.

Pour diverses raisons, bien que c’était un jour de semaine, il ne travaillait pas de la journée.

Même s’il avait eu l’occasion de dormir plus longuement, il n’y était plus habitué et s’était levé tôt.

Au moins, ça me permet de vaquer à mes occupations, se dit-il intérieurement.

C’était l’heure du déjeuner. Il s’était préparé le plat favori de ceux qui ne veulent pas dépenser trop d’argent, et de ceux qui n’ont pas envie de cuisiner : des ramen instantanés.

Dans sa main droite, il tenait les baguettes qui lui permettaient de manger, et dans sa main gauche il tenait son téléphone portable et lisait les informations.

Ces derniers temps, avec les diverses nouveautés apportées à son quotidien, il n’avait plus pris le temps de lire l’actualité, chose qu’il faisait normalement chaque matin avant de partir au travail, et chaque soir après ou pendant qu’il mangeait.

En général, il les regardait à la télévision, mais il ne voulait pas y consacrer trop de temps, il avait donc préféré lire cela en vitesse sur internet.

Il lut les titres de manière ennuyée, rien ne l’intriguait particulièrement. Il se demanda même pourquoi il avait une habitude aussi peu intéressante depuis plusieurs années, lorsque soudain, un titre attira toute son attention : « Un homme de 30 ans retrouvé mort à Akihabara. »

Il cliqua sur le lien pour avoir plus de détails et put lire qu’il s’agissait de Nakamura Kenzo, un employé d’une grande entreprise, dont le nom n’était pas cité. Son corps aurait été retrouvé à Akihabara, non loin de la salle de concert de l’Akiba Area, sa poitrine transpercée de part en part par une arme qui n’avait pas été précisément identifiée.

Le corps aurait été retrouvé le jeudi matin de la semaine précédente.

Cette nouvelle interloqua Yumeki : jeudi matin, c’était le jour où il l’avait affronté. Que s’était-il passé au juste ? Il l’aurait tué sans s’en rendre compte ?

Néanmoins, ce qui désavoua immédiatement cette crainte, c’était le lieu où le corps avait été trouvé : il n’était pas devant Sublime Palace, là où avait eu lieu le combat final.

Serait-il mort des suites de l’attaque de Yumeki après avoir pris la fuite ? Ou alors, Kazuo et Linka auraient déplacé le corps après que Yumeki l’a tué ? Cela ne lui paraissait pas crédible.

Une autre question qui s’imposa à lui, c’était de savoir pourquoi Linka ne lui en avait pas parlé. N’était-elle pas au courant ?

Il réfléchit quelques instants et en devina la réponse, elle ne devait tout simplement pas allumer la télévision pour autre chose que pour jouer ou regarder des anime.

Il ne lui restait plus qu’une chose à faire : téléphoner à cette dernière pour avoir sa version de ce qui s’était passé la nuit du jeudi.

Il était sûr de son innocence. Enfin, pas totalement, il se souvenait qu’il s’était écroulé après que Nakamura a pris la fuite, mais il n’avait pas eu le temps de vérifier l’étendue des blessures qu’il lui avait infligées.

Le téléphone sonna trois fois avant qu’une voix féminine ne réponde :

« Oh ! Yumeki ! Ça va ?

– Oui, oui, ça va… Je t’appelle parce que je voulais savoir si tu étais au courant de la mort de Nakamura ? »

Elle mit quelques secondes à répondre :

« En fait, je l’ai appris récemment. L’affaire n’a pas fait trop de bruit… semble-t-il… »

Pourtant, elle habite à Akiba… Un cadavre retrouvé en pleine rue, elle aurait dû être immédiatement au courant, non ?

« Comment se fait-il que tu ne l’aies appris que si tard ?

– Je ne peux pas vraiment te répondre. Selon les réseaux sociaux, le corps n’était pas dans la rue, il a été retrouvé il y a deux jours et les enquêteurs ont réussi à déduire qu’il avait été tué devant l’Akiba Area. Pourquoi tu voulais me parler de ça, au fait ? »

Il crut entendre des bruits de tapotements pendant qu’elle parlait, des bruits qui devaient venir d’un endroit proche du téléphone à priori.

« Tu fais quoi ? C’est quoi ce bruit que j’entends près de toi ?

– Ah, ça ? Je suis en train de jouer pendant que je te parle, ce doit être les bruits des boutons de la manette.

– Décidément avec toi… La question que je voulais te poser, c’était : est-ce que ce n’est pas moi qui l’aie tué avec ma dernière attaque ? Ça peut paraître idiot, mais mes souvenirs sont un peu vagues. Dis-le-moi franchement, je ne te pardonnerais pas de me cacher ce genre de vérité ! »

Il prit un ton de voix déterminé et autoritaire, il savait qu’elle risquait de répondre de manière vague et floue comme elle avait l’habitude de le faire.

« Hein ? Non, tu ne l’as pas tué, je t’assure. Ton attaque était parfaite, tu as touché le nœud de fusion spirituelle et il a repris sa forme humaine. Puis, il s’est enfui à toute allure… Ne pense pas que je te mentirais sur ce genre de sujet… Ah, zut ! Non, c’est rien de grave, juste le monstre qui…

– Merci, Linka ! »

Il lui coupa la parole alors qu’elle allait partir dans des explications complexes de jeu.

D’une voix un peu gênée et touchée, elle répondit :

« Non… y a pas de quoi… Tu es un héros, pas un vengeur, t’inquiète !

– Encore avec tes délires ! Tiens ! j’y pense : ne serait-il pas possible que ce soit Kazuo qui nous ait menti et qu’il s’en soit occupé ?

– Kazuo ? Il est arrivé immédiatement après que tu es tombé inconscient, comment il aurait fait ?

– Peut-être avec ses pouvoirs, non ? Il est capable d’appeler des créatures, il a très bien pu venir vers nous pendant que son monstre s’occupait de Nakamura. »

Elle marqua une pause accompagnée de nouveaux tapotements de boutons.

« Ça se tient, mais j’y crois pas… Je pense que Kazuo est quelqu’un d’honnête pour commencer et je sais qu’il n’avait plus assez d’énergie de la TC après son combat, il n’aurait pas été capable de contrôler une créature à une telle distance… Mais bon, je peux me tromper, c’est effectivement possible…

– Il y aurait donc une autre personne, quelqu’un qui a regardé le combat et qui a attendu avant de tuer Nakamura ?

– Possible ! Nous verrons bien, plus tard, laissons faire la police pour le moment… Sinon, tu fais quoi aujourd’hui ? Tu veux passer pour qu’on finisse Wyvern Quest 2 ? Tu en es où au fait ? »

Il jeta un coup d’œil à son bol de ramen à demi entamé et répondit :

« Ouais, pourquoi pas ? J’arrive avec ma sauvegarde. Juste le temps de finir de manger. »

De l’autre côté du téléphone, il entendit un « OUIII ! » plein d’enthousiasme et de joie.

« Bah, du coup je vais sauvegarder et je vais aller acheter de quoi grignoter. À tout à l’heure !

– À tout à l’heure ! »

Il raccrocha le téléphone et le posa sur la table basse devant lui.

Il s’empressa de finir ses ramen devenus tièdes le temps de la conversation, puis il reprit la manette de jeu qui traînait à ses pieds.

Reportant ses yeux sur l’écran de télévision allumé où le jeu tournait depuis le matin, il se rendit vers le point de sauvegarde le plus proche, celui à côté duquel il était passé quelques minutes avant d’aller manger.

Une fois ceci fait, il éteignit la console, prit la carte mémoire qu’il mit dans sa poche et quitta avec hâte son domicile.

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