Tome 2 – Chapitre 1

Lorsqu’il descendit du train, il était déjà 20 heures, en cette soirée d’automne le soleil s’était couché depuis quelques heures et les scintillements des étoiles envahissaient l’espace aérien du Quartier Électrique telle une armée de lucioles.

La plupart des magasins étaient soit en train de fermer leurs portes soit se préparaient à le faire, les touristes avaient quitté le lieu depuis un moment, il ne restait que des jeunes et des résidents qui s’étaient installés dans les restaurants ou bars du quartier.

Pour sa part, Yumeki n’avait pas vraiment envie de traîner dehors, il faisait plutôt frais pour la saison et il avait un lieu au chaud où il pouvait se rendre. D’autant plus qu’il était attendu.

Pendant le trajet de train, Linka lui avait envoyé plusieurs messages du genre :

« Trop hâte ! Tu vas créer quoi comme personnage ? (((o(*゚▽゚*)o))) »

Ou encore :

« Je te conseille Obscurancien ou Tank. + simple. T’es débutant donc…(;ω; )ヾ(´∀`* ) »

« Ms la + moe = Soso Rouge☆⌒ヽ(*’、^*)chu. Tu peux porter le set Ikyos, kawaiiiiiii ++ (ღ˘⌣˘ღ) »

« T’arrives qd ?\(≧▽≦)/ Je LVLup en attendant (^_-)≡☆ »

Bien sûr, ce genre de message remplit de kaomoji n’étaient pas vraiment du goût de Yumeki, mais bon, il arrivait plus ou moins à comprendre.

Ce qui l’étonnait c’est que Linka ne parlait pas vraiment de cette manière-là dans la vie de tous les jours. Même si sa manière de parler était tout de même assez difficile à comprendre en raison de termes otaku, son vocabulaire était d’un tout autre niveau. Probablement était-ce normal pour une otaku d’utiliser des termes inusités et de se donner un genre spécial.

Sur ces interrogations, il continua de marcher les mains dans les poches et passa à côté d’un nouveau magasin qui avait ouvert ses portes la semaine auparavant. Il y était allé avec Linka qui avait voulu absolument voir les nouveaux produits mis en vente.

Étrangement, malgré l’heure qu’il était, le magasin était ouvert, une file d’attente se trouvait devant l’entrée et le long de la rue qui le longeait.

Yumeki s’étonna de ce spectacle, il se demanda quelle en était la cause. En passant à côté de la colonne, il regarda attentivement vers l’entrée du magasin pour tenter de comprendre, mais…

… à cet instant précis…

Il sentit quelque chose agripper son bras et l’entraîner à l’intérieur de la rangée.

Pris par surprise, il ne parvint pas à résister, la personne qui le tirait était plutôt brusque et violente.

Avant même qu’il ne put tourner la tête pour en voir l’origine, il sentit un corps étranger, mais bien humain, se presser contre son bras et une voix féminine lui chuchoter quelque chose à l’oreille :

« Désolée d’être aussi directe, Oniisan, mais j’ai vraiment besoin de ton aide. Joue le jeu et tu le ne regretteras pas ❤ »

Elle accentua ces derniers mots avec une voix suave avant de lui attraper la main en passant ses doigts entre les siens, à la manière… d’un couple.

Yumeki sentit son visage bouillir littéralement alors que la sueur s’écoulait telle une rivière dans son dos.

Ces derniers mots tranchaient, par ailleurs, avec la dureté du ton presque menaçant du reste de la phrase. En l’espace de quelques secondes elle s’était montrée à la fois menaçante et sexy, un contraste de chaud et de froid dont Yumeki n’avait pas vraiment l’habitude.

Il s’était habitué à la franchise sans arrière-pensée de Linka, mais pas à être saisi de la sorte par une étrangère, recevoir à la fois des menaces et des avances…

Il déglutit bruyamment et tourna lentement sa tête pour voir qui était son interlocutrice…

Il s’attendait à une fille de grande taille, plutôt sauvage et aux traits de visages durs… une image stéréotypée et véhiculée par les médias. Au fond, il s’attendait à voir une sorte de Bousouzoku avec son long manteau et sa poitrine bandée alors qu’elle mâchait de façon agressive une tige.

Mais, à la place, ce qu’il vit, c’était une fille plutôt petite, ne mesurant même pas un mètre quarante,   plate et aux cheveux décolorés.

Elle lui lança un large sourire plutôt mignon et chaleureux et dit assez fort pour être entendue de ses voisins de file d’attente :

« Tu es enfin arrivé, mon chéri ! C’est pas bien de me faire attendre ! »

Et sur ces mots, elle se jeta brutalement dans ses bras, lui lâchant la main et l’enserrant comme pour l’empêcher de s’enfuir. Elle leva son joli petit visage, mais l’expression n’était plus celle d’une jeune amoureuse, mais celle d’une tueuse de sang-froid, un démon meurtrier du folklore japonais.

Elle lui darda de son œil unique un regard qui lui signifiait clairement d’entrer dans son jeu, de jouer la comédie.

Précisons à ce stade, que la fille portait un cache-oeil médical sur son œil gauche, et que son autre œil était d’un azur assez peu fréquent, une couleur d’une rare intensité, assez comparable si ce n’était par sa couleur à ceux de Linka tant sa profondeur et son charme était extrême.

Malgré sa demande qui laissait présager un choix, à ses yeux il s’avérait que Yumeki n’en disposait pas vraiment.

De son côté, il savait qu’il pouvait d’une façon ou d’une autre refuser et partir, quitte à devoir utiliser la force pour ce faire, mais ce n’était pas du tout son intention, il ne voulait pas lui faire du mal, d’autant plus qu’elle semblait n’être qu’une collégienne.

Aussi, il sourit maladroitement alors qu’il tenta de jouer la comédie. Il détourna ses yeux pour porter un regard diagonal vers le ciel et, d’une main, il se gratta l’arrière de sa propre tête alors que de l’autre il lui tapota gentiment la tête de la collégienne.

« Ouais… désolé… tu sais les trains… »

Il avait prononcé ces mots avec beaucoup d’hésitation, il était sûr que son jeu d’acteur était on ne peut plus déplorable…

Brusquement, il ressentit un puissant malaise l’envahir, c’était comme si l’air autour de lui était soudainement devenue lourde… comme si des intentions meurtrières grandissaient à son encontre…

C’était une sensation qu’il connaissait plutôt bien, il l’avait expérimentée pas plus tard que la semaine dernière, à l’intérieur de ce même magasin : c’était de la jalousie.

Il considéra le reste des clients autour de lui : une partie était en couple, mais la majeure partie était seule ; que ce soit la première ou la seconde catégorie, tous semblaient le fusiller du regard.

– Pourquoi même ceux qui sont en couple ? Se demanda-t-il.

Yumeki rougit et finit par baisser son regard sur la cause de sa gêne, la collégienne qui était toujours accrochée à lui. Il ajouta, comme faisant suite à sa première remarque :

« Sincèrement désolé… ché… ché… chérie ! »

Alors que son visage fumait de honte, il en profita pour mieux la regarder. Son visage, sa taille et ses formes était très juvéniles, elle semblait être au mieux une collégienne. Elle avait des cheveux décolorés, non pas blonds comme la majorité des filles qui s’adonnent à ce genre de pratique, mais argentés.

– Probablement un cosplay d’un personnage que je ne connais pas, se dit Yumeki alors qu’il continuait de l’examiner.

Ses cheveux étaient coiffés en une longue queue de cheval portée sur le côté et dont la pointe lui caressaient le biceps. Deux longues et larges mèches lui passaient derrière les oreilles et étaient retenues par des barrettes argentées très décorées, un peu comme si elle avait été une sorte de princesse.

Elle portait un cache-oeil en tissu blanc comme ceux prescrit par les docteurs, mais impossible de savoir si elle avait réellement un problème avec son œil gauche ou si c’était pour se donner un genre, comme parfois les collégiens le font.

Le seul œil qui était visible était de couleur azur, une couleur impressionnante tant sa profondeur était intense.

Elle portait une sorte de kimono noir, mais à la coupe plutôt fantaisiste, il n’avait rien à voir avec les kimonos traditionnels. Le haut du kimono était porté par-dessus une jupe plissée courte qui montait à mi-cuisses. Sa couleur était noire, mais des motifs de fleurs rouges y étaient imprimées.

Son obi, quant à lui, il était de couleur violet et n’était pas vraiment noué à la façon traditionnelle. Bien sûr, ses manches étaient larges et laissaient à peine entrapercevoir ses petites mains délicates.

Enfin, elle portait des chaussures complètement atypiques, des sortes de grosses bottes en cuir avec des petites plaques de métal clouées à différents endroits. Elles aussi contrastaient avec la petite taille de jeune fille, elles paraissaient réellement disproportionnées.

La dernière phrase de Yumeki ne fit que jeter de l’huile sur le feu, les regards de son entourage s’enflammèrent littéralement, il avait l’impression qu’on allait tenter de l’assassiner ici-même.

Il se sentit intimidé, il avait envie de fuir, mais il devait d’abord gérer un autre problème. Se dressant sur la pointe des pieds, elle vint lui chuchoter à l’oreille :

« Merci, sincèrement. C’est important. C’est quoi ton nom au fait ?

– Yumeki. Simplement Yumeki, ça ira. Et toi ?

– Koharu… mais continue de m’appeler chérie, je t’explique une fois à l’intérieur. »

Puis, *smack**smack*, comme pour sceller le pacte entre eux, elle lui posa un bisou sur la joue de Yumeki avant de s’éloigner un peu de lui.

Elle lui reprit immédiatement la main et se colla à lui.

On aurait vraiment pu croire un couple d’amoureux.

Par contre, Yumeki ne comprenait pas vraiment le sens de tout cela, sa situation était vraiment gênante à bien des égards, mais il avait l’impression qu’au-delà de toute superficialité, sa coopération était vraiment importante pour elle.

C’était difficile de dire qu’il l’avait déduit, c’était bien plus empathique, une impression fugace sans fondement. Pendant un moment, il se prit pour un de ces héros de shonen manga qui savent précisément quoi faire dans les situations critiques.

Aussi, il se laissa faire…

Au fur et à mesure de leur avancée vers l’entrée du magasin, il comprit ce qu’il en était : il s’agissait de la vente d’un jeu vidéo dont il ne connaissait ni le nom, ni le contenu. Il y avait une loterie spéciale organisée pour les couples venant acheter le jeu.

Elle devait vraiment vouloir le prix de la loterie pour l’avoir entraîner de la sorte. Il se demanda bien quel pouvait-il être ? De même, il se rendit compte qu’une fille aussi jolie qu’elle ne devait pas avoir de mal à inviter un camarade de classe pour « faire semblant ». Pourquoi adopter une telle stratégie ? Qui plus est, elle prenait des risques, qui sait sur qui elle aurait pu tomber ?

Imaginons que Yumeki fut un pervers… Une collégienne en jupette qui le saisit de la sorte… tout ça aurait vraiment pu mal finir. D’autant plus,- cette pensée s’immisça soudainement en lui,- qu’il y avait encore ces problèmes de meurtres à Akiba.

Il est sûr que le meurtrier ne l’attaquerait pas au milieu de cette foule, mais lorsqu’elle retournerait prendre son train ?

Il regarda autour de lui et il lui sembla que la population otaku était plutôt âgée, il n’avait pas l’air d’y avoir de mineur… en tout cas personne d’aussi jeune que Koharu.

Outre le fait qu’il faisait déjà bien nuit, il comprit immédiatement la cause une fois qu’ils arrivèrent tous deux devant la porte d’entrée.

A travers les vitres de la dite porte, il put voir des affiches qui concernaient le jeu en question : « Magical no Kiseki no Koi ». Au vu des affiches, il s’agissait manifestement d’un…eroge.

Même s’il avait arrêtait de jouer pendant longtemps, Yumeki était au fait quant à ce genre de jeux, ses amis au lycée lui en avaient suffisamment parler et il avait essayé d’en jouer un, mais n’avait pas vraiment accroché (il ne l’avait même pas fini).

Il regarda attentivement les affiches qui présentaient des personnages très dévêtus, puis son regard se baissa sur la collégienne qui était suspendue à son bras. Il lui lança un regard perplexe avant de se baisser un peu et de lui chuchoter à l’orreille :

« C’est pour ça que tu avais besoin de moi ? Tu te rends compte que même si je passe pour ton petit-copain, tu n’as pas l’âge pour ces choses-là ? »

Aussitôt eut-il fini de prononcer ces mots, qu’il sentit une vive douleur au pied, elle venait de le lui écraser brutalement. Néanmoins, elle continua d’afficher un visage souriant et joyeux comme si de rien n’était.

Et, bien entendu, c’était le moment où le personnel ouvrit les portes pour accueillir les nouveaux clients, parmi lesquels Yumeki et Koharu.

Le jeune homme retint une exclamation de douleur et, tout en boitant légèrement, il suivi sa prétendue petite amie.

De manière assez logique, il n’était pas le seul à penser qu’une collégienne n’avait pas sa place en ce lieu, puisque à peine eurent-ils franchi l’entrée, qu’un des employés vint les intercepter :

« Mademoiselle, Monsieur… Puis-je voir votre carte d’identité ? Vous comprenez, cet espace de vente n’est pas… vraiment… il est réservé aux adultes. »

Il prononça ces mots en regardant Koharu. Yumeki s’attendait à la voir réagir brutalement, un peu comme elle l’avait fait avec lui précédemment.

Aussi, fut-il surpris lorsqu’il la vit simplement soupirer et chercher ses papiers dans la poche de sa jupe.

« D’accord, d’accord, je comprends, beaucoup de gens font la même erreur. Je vais vous la montrer. »

Au moment où elle tendit la carte à l’employé, une sorte d’étrange impression envahit le corps de Yumeki, une impression qu’il avait du mal à définir.

Toutefois, l’employé sembla soulager de ses inquiétudes, il la lui rendit et lui dit en baissant la tête :

« Désolé, sincèrement désolé. Je vous prie d’accepter mes excuses. »

La jeune femme lui fit signe de la main et dit :

« Ne vous inquiétez pas, ça m’arrive souvent. Nous pouvons entrer, acheter le jeu et participer à la loterie ? »

L’employé releva la tête et répondit sans hésiter :

« Bien sûr ! Je vous en prie. »

Il écarta un bras pour désigner l’espace de vente à leur intention.

Tous deux s’avancèrent en direction de la foule qui s’agglomérait autour des zones de vente.

« Euh… Tu as quel âge au fait ? »

Demanda discourtoisement Yumeki.

Koharu le regarda avec étonnement et répondit :

« Non, mais, on demande pas ça aux filles…

-Ah oui, c’est vrai désolé. En tout cas, navré d’avoir douter de ton âge, tu fais…

– Très jeune, c’est ça que tu voulais dire ? Bah, c’est pas comme si j’y pouvais quelque chose, c’est mon physique. Puis, c’est mieux de paraître jeune, non ? »

Elle prononça ces mots en prenant une pose similaire à celle de certains modèles en maillot de bain, tournant légèrement son torse et mettant sa main derrière la tête afin de permettre de mieux voir sa poitrine… inexistante.

« … »

Yumeki la regarda avec un regard qui signifiait l’incompréhension alors qu’une goutte de sueur s’écoula le long de sa joue.

Finalement, il décida de faire semblant de n’avoir rien vu, il regarda la foule attroupée et dit d’une voix plus basse à l’intention uniquement de Koharu.

« Blagues mises à part, tu peux m’expliquer maintenant ? »

La question sembla l’étonner quelques instants. Puis elle reprit une posture normale et répondit à son tour à voix basse :

« Après, après… allons acheter le jeu et le billet de loterie, je te le dis juste après… »

Même si en général Yumeki n’était pas le type le plus empathique qui soit, il eut l’impression qu’elle cherchait à fuir la question, qu’elle ne voulait pas vraiment y répondre.

Aussi, il la regarda de manière suspicieuse avant de hocher de la tête.

Elle sourit à son intention avant de lui attraper la main à la manière d’un couple, ses doigts entre ceux de Yumeki. Ce dernier sursauta surpris par la rapidité de l’action

« Quoi ?! On est un couple, non ? Que je t’aime, mon CHERI ! »

Elle prononça assez fort ce dernier mot comme si elle avait voulu que tous l’entendent. Et, dans les faits, nombreux l’entendirent et fusillèrent du regard le jeune homme.

Une nouvelle fois, le dos de Yumeki était trempé par la sueur, pour sûr, il ne pourrait jamais s’habituer à ce genre de contact physique et encore moins avec une inconnue.

Les murmures autour d’eux n’avaient de cesse, même sans comprendre tous les mots, le jeune homme se doutait de leur teneur.

Après quelques minutes d’attente, ils finirent enfin par se retrouver face au vendeur et à son assistante, tous deux portaient des uniformes aux couleurs du magasin. Ils se trouvaient derrière une table sur laquelle se trouvaient quelques exemplaires du jeu, quelques goodies inédits, certainement pas encore mis en vente, et une sorte de petite roue de loterie.

L’homme prit la parole alors que l’assistance, remarquant le maigre nombre d’exemplaires du jeu sur la table, décida d’alimenter la pile en récupérant ceux d’un carton sous la table.

« Chers clients, bienvenus. Que vous faudrait-il ?

– Deux exemplaires du jeu, répondit sans hésiter Koharu.

– Êtes-vous au courant pour la loterie spéciale couple en l’hommage de la sortie de Magical no Kiseki no Koi ?

– Bien sûr ! Nous aimerions concourir, mon chéri et moi-même. »

Elle n’avait pas lâché la main de Yumeki. Suite à ces paroles, elle tourna sa tête vers le jeune homme qui le temps de cet échange s’était contenté de regarder les affiches érotiques du jeu, ainsi que la figurine qui siégeait sur la table.

Le vendeur avec un tact très professionnel reprit :

« Chers clients, afin de pouvoir gratuitement concourir à notre loterie, nous vous invitons à lire les conditions de participation. »

Il leur désigna un document plastifié qui se trouvait devant la petite roue de loterie. Entre temps, la jeune femme qui servait d’assistante au vendeur reprit sa place et leur lança un sourire radieux.

« Merci encore pour votre achat, ma collègue va s’occuper de votre candidature. »

Sur ces mots, il s’inclina pour les remercier et les saluer, puis il fit signe aux clients suivant d’avancer.

Koharu et Yumeki se déplacèrent sur le côté, devant la roue et la jeune assistante qui souriait toujours.

Elle leur laissa le temps de lire le document explicatif qui se résumait à plusieurs points : le fait que la participation était limitée à une seule par couple, le fait que la bille rose équivalait au premier prix alors que la rouge était le second et, enfin, le fait qu’il fallait prouver que les participants étaient bel et bien en couple par le biais d’un baiser…

Cette dernière close fit changer de couleur à Yumeki, il ne savait que trop bien ce que cela signifiait. Même s’il avait déjà dû embrasser par deux fois Linka, il n’était pas aussi incommodé qu’il pouvait l’être actuellement.

Son regard passa de Koharu, qui était en train de regarder la liste des prix, à la dite liste.

Le premier prix était soit une figurine collector, soit une tapisserie, toutes deux aux caractères érotiques explicites.

Des gouttes de sueurs commencèrent à couler abondamment sur son visage, il connaissait déjà la réaction de Koharu, ou du moins il la pressentait.

Elle posa la fiche plastifiée sur la table, regarda droit dans les yeux l’assistante et dit :

« Nous allons participer. »

La jeune employée sans se défaire de son sourire, hocha de la tête et dit :

« D’accord chers clients. Comme convenu dans les clauses de participation, veuillez-vous…

– Embrasser ?! »

Interrompit Yumeki en rougissant. Il regarda la vendeuse droit dans les yeux l’air de demander si c’était une blague ou l’air de demander une dérogation.

Elle lui renvoya un sourire radieux et impassible alors qu’elle pencha sa tête sur le côté en guise d’interrogation.

Yumeki comprit que s’il se montrait plus réticent, cela mettrait à mal leur mensonge et qu’ils risqueraient d’être découverts. Même s’il ne tenait pas spécialement à recevoir ce premier prix de la loterie, il y avait quelqu’un à ses côtés à qui cela tenait à cœur.

Il avait l’impression qu’elle avait un autre objectif derrière tout cela.

– Peut-être une promesse à une sœur ou une cousine malade ? Ou alors, à son vrai petit copain ? Non, si elle avait un vrai petit copain, elle ne viendrait pas embrasser le premier venu… EMBRASSER !!!

Les pensées de Yumeki s’affolèrent, ses battements cardiaques firent de même, sa tête tournait…

Koharu donna un coup du dos de sa main sur sa queue de cheval, la repoussant derrière son épaule et dit fièrement :

« Bien sûr, notre couple étant le meilleur qui soit, nous ne laisserons pas intimidé par un baiser en public. Profitez bien du spectacle ! »

Alors qu’elle acheva sa phrase, elle tourna sa tête vers Yumeki, qui était toujours crispé, et remarquant que le jeune homme n’était pas coopératif, elle lui écrasa à nouveau le pied et lui prit la main avec poigne.

La douleur n’avait rien d’insupportable, aussi il se tut et, de façon très raide, il tourna sa tête vers elle, comprenant la menace sous-jacente cachée sous sa brutalité.

Le moment fatidique n’était plus très loin, le cœur de Yumeki battait avec une telle puissance qu’il risquait de perforer sa poitrine.

Il ferma les yeux en approchant son visage de celui de la jeune femme, il essaya de penser que ce n’était pas si important, que ça n’avait rien de si grave, que c’était nécessaire… mais, il était toujours aussi crispé.

-Bon, au moins, c’est pas mon premier baiser…, pensa-t-il. Le premier, c’était avec Linka…Qu’est-ce que je raconte, moi ! Linka aussi m’a volé mon premier baiser !! Mais dans quel genre de monde je vis… Désolé, Maman, tu as élevé un gigolo !!

Alors qu’il en était à ce stade de sa propre évaluation, il sentit le soudain contact des lèvres de Koharu sur les siennes. Sa première impression fut différente de celle de Linka, c’était difficile à expliquer, mais c’était différent.

En soi, il lui aurait été difficile de réellement dire lesquels de leurs lèvres étaient les plus agréables, les deux produisirent en lui le même genre de sensation de satisfaction, mais chacune avait son propre goût et sa propre motivation.

Néanmoins, alors qu’il sentit un corps étranger pénétrer dans sa bouche, quelque chose d’inhabituel se produisit…

Sa conscience fut emportée loin, comme arrachée à son propre corps, il ne ressentait plus rien, ni les battements de son cœur, ni les sueurs de son visage, ni les frissons lui parcourir le dos, et pas même le contact de ces lèvres.

Il fut plongé pendant un bref laps de temps, probablement bien inférieur à une seconde, dans des ténèbres profondes, puis il fut témoin d’un spectacle auquel il ne prenait pas part, une sorte de vision assez brève et fragmentée. Cette dernière bien qu’en couleur, était filtrée par une sorte de voile qui donnait à l’ensemble de la scène un effet nostalgique, vieillot, un peu comme un flash-back d’anime ou de film.

Il vit une jeune femme à la longue chevelure argentée, aux yeux bleus clairs et à la robe fantasque et élégante. Manifestement, elle semblait lui parler, mais il n’entendit aucun son sortir de sa bouche. Elle sourit et fit un tour sur elle-même.

Puis, il vit un monstre géant, une sorte d’oeil gigantesque flottant, haut comme plusieurs étages de maison, de son nerf optique s’extirpaient des centaines de tentacules qui s’achevaient sur des ergots, des griffes ou des yeux plus petits.

Sa sclérotique était injectée de sang et sa pupille avait la forme d’un pentacle, et une aura de froid semblait l’accompagner.

La jeune fille d’auparavant, accompagnée de deux autres personnes, une fille et un garçon qui semblaient être des jumeaux tant ils se ressemblaient, revêtant des armures et des armes qui leur donnaient des allures de chevaliers, commencèrent un combat contre cette créature.

Yumeki ne put voir où se déroulait précisément le combat, il eut simplement l’impression que c’était un endroit sombre. Sa vision ne lui permit pas de voir le combat en entier, il ne vit que le début lorsqu’ils se ruèrent vers le monstre.

A cet instant-là il comprit mieux la nature de son point de vue, il était dans le corps de quelqu’un ; il se vit également en train de foncer vers la créature gigantesque.

L’instant d’après, il vit du sang, beaucoup de sang, ainsi que des débris. Il put voir ses mains ensanglantées ainsi que le spectacle d’un lieu dévasté et en flammes.

Puis, la vision cessa, elle s’arrêta aussi brutalement qu’elle était advenue.

Il ouvrit les yeux et put voir le visage de la jeune femme à quelques centimètres de ses yeux, elle venait également d’ouvrir les yeux. Leurs regards se fixèrent pendant quelques secondes, Yumeki se demanda si elle avait eu le même genre de vision.

D’ailleurs, quelle en était la cause ? Pourquoi avait-il vu cette scène ? Était-elle liée à Koharu ? Était-ce une sorte de vie antérieure qu’ils avaient eu en commun ? Était-ce à cause des pouvoirs de la Collection de Yumeki ?

Il se souvint avoir entendu parler un de ses amis du lycée d’un manga qui avait ce genre de thématique, le héros était en fait lié à toutes les héroïnes dans une vie antérieure.

Personnellement, cette pensée lui faisait vraiment peur. Non seulement, l’idée de la mort demeure toujours assez effrayante en soi, mais penser qu’il pouvait être lié à plusieurs filles avant même sa naissance, c’était comme subir plusieurs mariages arrangés, on lui enlevait toute possibilité de choix.

De plus, en y pensant bien, comment pouvait-il concilier plusieurs filles souhaitant l’avoir pour elles exclusivement au fait qu’il pouvait leur être lié avant sa naissance. Imaginons qu’il ait fait des promesses à chacune d’elles, comment pouvait-il gérer tout cela sans rompre ses engagements ?

Les vies antérieures étaient définitivement un concept qui faisait horreur à Yumeki.

Il aurait aimé lui poser plus que questions pour être sûr, mais comment devait-il s’y prendre ? En tout cas, en cet instant précis, ils étaient entourés de trop de gens pour qu’il puisse le faire.

Koharu reprit ses esprits plus rapidement que lui, elle tourna sa tête vers la vendeuse et lui demanda :

« C’est bon ? On peut participer à la loterie ? »

Lorsque Yumeki tourna la sienne, il vit que le visage de la vendeuse était devenu légèrement rouge. Il n’en comprit pas vraiment la cause, c’était son travail que de voir ce genre de choses… au final.

Néanmoins, à l’instant où il se posa cette question, il l’entendit murmurer :

« Eh ben, j’en demandais pas autant… Avec la langue ? »

La chaleur monta d’un coup à l’intérieur du jeune homme, il se sentit honteux et embarrassé, il aurait dû l’arrêter d’une manière ou d’une autre, on leur demandait simplement de justifier qu’ils étaient un couple, pas d’aller aussi loin…

Koharu rougit également de son côté, la remarque l’affecta également, mais elle se racla la gorge comme pour rappeler son devoir à la vendeuse et se mit à attendre.

Cette fois, d’une voix plus haute :

« Ah… Euh… Oui… Veuillez tourner la roue, je vous en prie. »

D’une voix assez forte et assurée, Koharu dit :

« Ensemble, mon chéri ! Donne-moi ta main ! »

Elle prit une voix qui parut au jeune homme très artificielle, mais peut-être était-ce dû au fait qu’il était au courant de toute cette mise en scène.

Sans réfléchir et à la limite de ce qu’il pouvait supporter, Yumeki lui tendit la main. La jeune femme l’utilisa pour la poser par-dessus la sienne et, dirigeant le mouvement, elle saisit la manivelle de la roue qu’elle se mit à tourner.

*Clic Drrr*, les billes tournaient à l’intérieur de la roue.

Puis…

L’une d’entre elle sortit dans le petit bac prévu à cet effet, sa couleur était rose… Le premier prix.

La vendeuse s’exclama par un « Oohh ! » de surprise et se mit à applaudir.

« Félicitations, chers clients. Vous avez remporté le premier prix. Veuillez choisir l’un des deux, je vous prie. »

Elle désigna de la main une affiche plastifiée où on pouvait voir les différents prix mis en jeux ; une petite note en bas de page indiquait qu’il s’agissait de tirage collector, donc aux quantités très limitées.

Sans hésiter, Koharu indiqua du doigt la figurine, sans même se concerter avec Yumeki ; de toute manière, il n’aurait pas vraiment su quoi choisir, cela ne le dérangeait pas.

La vendeuse s’inclina, se retourna et prit dans un des cartons derrière elle le prix qu’elle présenta au couple.

Tous deux l’examinèrent attentivement : il s’agissait d’un des personnages qui était également présent sur les affiches, une femme aux longs cheveux roses en maillot de bain. Elle devait mesurer quelques 30-40 cm. Même pour Yumeki qui n’était pas connaisseur, il était évident que la sculpture et les détails étaient minutieux.

Une fois que Koharu eut hoché de la tête, la vendeuse repris la boîte contentant la figurine et la déposa dans un sachet qu’elle ferma à l’aide d’un morceau de scotch décoré au logo de l’enseigne.

C’est fort de leur victoire, que le faux couple s’éloigna pour laisser la place à un autre couple qui espérait avoir la même chance qu’eux.

Une fois à distance, Yumeki, encore un peu sous le choc de ce qui lui était arrivé, tout aussi honteux qu’effrayé par la vision qu’il ne parvenait à oublier, dit :

« Euh… tu as eu ce que tu voulais ? Tu peux m’expliquer maintenant ? »

Mais, la jeune femme ne voulait pas vraiment s’arrêter, elle continua à marcher afin de s’éloigner encore plus des espaces de ventes.

Puis, quelques secondes après, elle s’arrêta, se retourna vers lui et afficha un air grave.

« En fait, je te les laisse. Tu les as mérité. Merci d’avoir jouer le jeu à ce point-là, c’était important pour moi… »

Elle tendit les deux sachets à Yumeki, l’un contenant les jeux et l’autre la figurine.

Yumeki la regarda sans s’en saisir, il continuait de la regarder dans l’œil, il voulait une réponse.

Elle comprit sûrement les motivations qui animaient le jeune homme, puisqu’elle reprit après quelques secondes de silence d’un ton toujours aussi sérieux :

« Si ça peut te rassurer, tu n’es pas le seul à avoir perdu ton… premier… enfin, tu vois. Bref, prends les sachets, je ne peux pas vraiment t’expliquer, tu serais en danger, je pense que tu en as assez fait pour me rendre service. Je t’en suis réellement reconnaissante, aussi accepte-les, s’il te plaît… Yumeki-san. »

Depuis qu’il l’avait rencontrée, c’était la première fois qu’elle semblait être elle-même, la première fois qu’elle avait laissé tomber son masque enjoué, enthousiaste et brutal. Elle était quelque peu inquiétante, non plus à cause de sa brutalité, mais à cause de son sérieux.

– Ce doit être important, c’est sûr. Elle ignore que j’ai des pouvoirs de la Collection, je pourrais clairement l’aider… mais je ne peux pas vraiment le lui dire, non ?

Alors qu’il pensait de la sorte, elle reprit la parole :

« S’il te plaît ! Je n’ai pas beaucoup de temps… Maintenant que je suis ici, j’aimerais pouvoir faire ce que je dois faire… »

Face à son insistance, Yumeki prit les deux sachets, mais il continua de se tenir face à elle, il ne voulait pas vraiment que ça se finisse de la sorte :

« Je peux t’aider, quelle que soit la chose que tu dois faire… sauf, s’il s’agit de… trucs de femmes, bien sûr… »

Elle le fusilla du regard :

« Tu crois que je serais venue ici pour faire des trucs de filles ? Non, mais ça va pas dans ta tête ? Bon, sur ce, j’ai à faire… rentre chez toi et profite bien de ce jeu, il doit être bon je suppose… »

Sans attendre de réponse ou de contestation, elle se retourna, regarda autour d’elle et, d’un pas décidé, se dirigea vers l’escalier réservé au personnel.

Ce faisant, il put voir qu’elle enleva le bandeau qui couvrait son œil.

Non satisfait de la tournure qu’avait pris les événements, Yumeki se mit à la suivre.

Lorsqu’elle s’en rendit compte, la jeune femme chuchota :

« Qu’est-ce que tu fais ? Va-t-en ! »

Elle ne se retourna pas et commença à monter les marches d’un pas léger et discret.

« Tu sais que tu n’as pas le droit de monter ? Tu comptes faire quoi ? Voler des affaires ? »

Elle s’arrêta brutalement, tellement soudainement que Yumeki qui la suivait de près, imitant sa démarche furtive, n’eut pas le temps de s’arrêter et la heurta.

Néanmoins, malgré sa frêle allure, elle ne bougea d’un pouce, il eut l’impression d’avoir foncé dans un mur de béton tant sa résistance était forte.

Elle se retourna vers lui d’un air irrité et dit d’une voix assez violente :

« Tu crois vraiment que je suis venue ici pour ce genre de choses ? C’est l’image que je donne de moi ? »

Yumeki constata à ce moment-là son œil droit, celui qui était caché par le bandeau : l’iris était rouge vif et des sortes de motifs ,qu’il ne put pas vraiment inspecter à l’instant-même, s’y trouvaient.

Peut-être à cause de la situation ou alors à cause des circonstances, cet œil lui donna l’impression d’être clairement surnaturel ; néanmoins, de manière rationnelle, il se dit rapidement qu’il pouvait s’agir d’une lentille de contact extravagante.

Sa réflexion ne dura qu’une fraction de secondes, il se souvint de l’endroit où ils se trouvaient…

« Chut ! Tu vas nous faire repérer…

– Rha, tu commences à m’énerver. Je te dis de t’en aller, c’est plus tes affaires. »

Yumeki réalisa qu’en un sens, elle avait raison, mais il ne voulait tout de même pas la laisser agir seule, il avait un mauvais pressentiment, ou alors était-ce simplement une sorte d’inquiétude issue de son éducation protectionniste envers les filles.

« Tu aurais dû y penser avant de mettre ta langue dans ma b… »

Alors qu’il exprima cette phrase sans vraiment réfléchir, sous l’impulsion d’une sorte de « juste colère », il réalisa toute la gêne qu’elle impliquait.

Il s’arrêta de parler, rougit et baissa le regard.

La fille rougit à son tour, à la fois embarrassée et énervée. Sans répondre, comme pour ignorer sa remarque, elle fit volte-face et poursuivit son ascension des marches.

Le jeune homme resta immobile quelques secondes, il se souvint de ce baiser qu’il avait échangé en tant que faux petit ami…

Il finit par reprendre ses esprits et gravit à son tour les marches.

Une fois dans le couloir à l’étage… Koharu n’était plus là, il eut beau regarder à droite et à gauche, il ne la vit plus et ne l’entendit plus.

– Bah, elle peut pas être très loin, il n’y a que deux pièces et un escalier menant à l’étage supérieur…

Se dit-il en prenant conscience de son environnement. Il s’approcha de la première porte et tendit l’oreille : aucun bruit, aucune voix non plus. Manifestement, il ne devait y avoir personne à l’intérieur.

Par acquis de conscience, il ouvrit lentement la porte, la pièce était éclairée bien qu’il put aisément constater l’absence de toute présence humaine.

Elle n’est pas là… Bon, essayons la suivante. Qu’est-ce qu’elle peut bien avoir en tête ?

Alors qu’il voulut refermer la porte, il entendit des bruits de pas en provenance de l’escalier, ainsi que des voix qu’il put rapidement discerner.

« Tu sais où on a mis les restes des invendus du dernier tome de Chirochiro Unmei Lala ?

– La parodie mahou shoujo de Lala, la chasseuse de démon ?

– De quelle Lala est-ce que je peux bien te parler ? Bien sûr, celle avec son épée de flamme ? »

S’il restait devant la porte de la salle, il allait être obligatoirement vu et on lui demanderait de redescendre au mieux.

Sans trop perdre de temps, il entra dans la salle vide, espérant que ce n’était pas là qu’ils se rendaient.

Il referma la porte aussi délicatement qu’il le put en raison du manque de temps.

« Qu’est-ce qu’on doit en faire au juste ? C’est pas vraiment la vente des Lala actuellement…

– Je sais, je sais… il compte les mettre sur les présentoirs derrière les tables de vente question d’attirer l’attention des clients et qu’ils se souviennent de revenir plus tard pour les acheter. Selon le boss, il paraîtrait qu’une récente enquête indiquerait que 70 % des joueurs de Magikoi aiment Lala aussi… »

Yumeki entendit les voix des deux vendeurs alors qu’il se tenait silencieux derrière la porte close et que son cœur s’affolait. Les vendeurs passèrent de l’autre côté de la porte sans s’arrêter, il les entendit entrer dans la pièce voisine.

La porte se referma derrière eux.

– Profitons-en pour monter, elle ne doit pas se trouver dans la pièce où ils sont allés, c’est évident. Mais pourquoi je fais ça, bordel ? Quand est-ce que je suis devenu un agent secret ?

Alors que son cœur battait à tout rompre, il ouvrit discrètement la porte devant lui, la referma sans bruit et se dirigea vers l’escalier qui montait.

Il tentait de marcher aussi vite et discrètement que possible, tout en tendant l’oreille à l’activité des deux vendeurs.

« …Allez, dépêche-toi, tu sais que le boss n’aime pas attendre.

– Ouais, ouais, je fais ce que je peux. Ils étaient dans ce carton normalement… sauf si quelqu’un les a déplacé dans la pièce voisine, ce qui serait étonnant, puisque Lala n’est pas un shoujo… »

Il n’écouta pas plus longtemps la conversation puisqu’il se hâta de monter à l’étage supérieur. Rapidement, il se rendit compte que la configuration des pièces à cet étage était différente. Il n’y avait qu’une seule porte sur la gauche, mais un autre escalier montait plus haut.

Il s’avança vers la dite porte et put lire dessus « Salle de repos ». Bien qu’il n’y avait aucun bruit à l’intérieur, il préféra ne pas prendre le risque d’entrer. Au pire, s’il ne trouvait pas Koharu à l’étage supérieur, il finirait par essayer cette salle.

Qui plus est, puisque c’était la salle du personnel, quel intérêt Koharu aurait-elle à s’y rendre.

Le hasard lui donna raison : alors qu’il mit le pied sur la première marche, il entendit du bruit à l’étage supérieur, comme un fracas.

Sans réfléchir, craignant que quelque chose de grave ne soit arrivé à Koharu, il se hâta de monter au détriment de la discrétion.

Cela ne lui prit que quelques secondes avant de se trouver dans le couloir et de localiser la source du bruit : il provenait de l’une des deux pièces de l’étage.

Sans tarder, il entra dans la salle qui était un autre entrepôt de livre et d’autres produits du genre. D’un coup d’œil immédiat, il s’agissait de l’entrepôt de marchandises R-18 : des doujinshis et d’autres mangas hentai.

Mais, alors qu’il aurait pu rougir, il se retrouva à quelques dizaines de centimètres de Koharu qui venait de tourner sa tête à trois-quart et qui lui dit :

« Ferme la porte ! Vite ! »

Bien que surpris, il réagit instinctivement au ton de voix autoritaire et sérieux de la jeune fille, il ferma la porte derrière lui.

Lorsqu’il reporta son regard sur Koharu, il constata une légère entaille au niveau de son épaule droite, pas suffisamment profonde pour vraiment provoquer un saignement, mais suffisant pour avoir entailler son vêtement.

Elle marmonna à elle-même :

« Alors tu étais bien ici… je vais te sortir de ta cachette… Hihi ! »

Elle étouffa un petit rire timide, alors qu’un sourire se dessina sur son visage.

« Tu es têtu comme type quand même ! Je t’avais dit de partir. Bon, puisque tu n’as pas écouté, au moins reste tranquille, ne bouge pas et laisse-moi m’occuper de tout. »

Sur ces mots, elle tourna à nouveau légèrement sa tête à trois-quart et leva son pouce.

« Je ne pense pas que ce que tu vas voir va te surprendre tant que ça, puisque tu es un utilisateur de la TC, mais bon… »

Sans attendre la moindre réponse, elle ferma les yeux et son corps entier se recouvrit rapidement de paillettes de lumières multicolores.

Suite à la dernière phrase, Yumeki était déjà en proie à la confusion, ce spectacle ne fit que renforcer ce sentiment.

Les paillettes de lumière se mirent à tourner autour d’elle alors que ses vêtements gothiques se désintégrèrent en devenant des particules de lumières à leur tour.

« Butterfly Whispers Infinite ! »

Bien qu’elle aurait dû être nue au moment de la scène, toutes ces lumières la couvraient, de la même manière que les Mahou Shoujo des animes.

Et, à l’instar de ces dernières, les paillettes se collèrent à sa peau pour former un nouveau costume. Ce n’était pas une robe gothique cette fois, mais une robe de maid de couleur cramoisie, une robe tout ce qu’il y avait de plus conforme dans le métier, avec des froufrous, des volants, etc.

« Alors ? Tu aimes mon nouveau look ? »

Cette fois, elle se tourna entièrement vers Yumeki et le salua en effectuant de ses deux mains un V de victoire. Son œil rouge avait disparu, c’était un œil normal à la place.

Yumeki ne savait pas quoi répondre. Bien sûr qu’elle avait belle allure dans ces vêtements, mais était-ce vraiment le moment pour cela ?

« Eh bien, ça te va bien ! Mais… »

Elle mit son index devant ses lèvres pour lui signifier le silence, puis elle se tourna vers le centre de la pièce et s’avança.

« Je ne laisserais pas t’en tirer comme ça, peu importe où tu te caches. J’ai détecté ton énergie, je sais ce que tu fais en ce lieu et je sais que tu me comprends.qsqsdqkkjzidqjkdgezuobdxsj. »

La fin de sa phrase était dans une langue inconnue à Yumeki. Les sonorités assez sifflantes ne lui rappelaient pas de l’anglais, pas plus qu’une langue européenne. Peut-être une langue africaine ? Il ne savait pas trop dire.

A la fin de sa phrase, Koharu leva sa main droite en l’air et poursuivit :

« Ribbon Kekkai ! »

Répondant à son appel, sa robe se mit à bouger, elle se décousu d’elle-même, comme si elle était animée d’une volonté propre, et devint un ensemble de rubans qui s’entortillèrent autour du bras de la jeune fille.

Ils se regroupèrent en une sorte de sphère de tissus flottant à une dizaine de centimètres de sa main.

L’instant qui suivit, la sphère se déplia et projeta des rubans tout autour d’elle, dans l’ensemble de la pièce, dans tous les coins, au sol, sur le plafond, absolument partout.

Rapidement, les murs furent recouverts de tissu blanc et une sorte de teinte jaune engloba entièrement le lieu.

« Plus besoin de se soucier des dégâts matériels, maintenant… Par contre, Yumeki-san… ne me regarde pas, s’il te plaît… c’est gênant. »

Le jeune homme était encore en train de regarder la pièce, il n’avait pas porter ses yeux sur elle. A l’évocation de ces mots, néanmoins, malgré sa demande, sa curiosité fut piquée, et il la regarda…

Actuellement, elle ne portait que… des sous-vêtements.

Puisque sa robe s’était décousue, il était tout naturel qu’elle ne la portait plus.

Enfin, même si Yumeki pensa que c’était normal, il se rendit rapidement compte dans son esprit que ça ne l’était pas tant que ça : en effet, la quantité de tissu nécessaire pour couvrir toute la pièce était largement supérieure à celle de la robe d’origine. Il n’y avait donc pas de réelle logique derrière tout cela.

Il faut également ajouter que les sous-vêtements qu’elle portait n’étaient pas de n’importe quel type, il s’agissait d’un soutien-gorge sexy en dentelle rose et d’une culotte de même couleur. Elle avait également un certain accessoire peu commun : une jarretière rouge.

Immédiatement, Yumeki vira au rouge le plus vif qui soit et il tomba à la renverse sous l’effet de la surprise.

La jeune fille remarqua la scène, elle vit Yumeki tomber, elle rougit en portant ses mains sur sa poitrine.

« TU CROIS QUE C’EST LE MOMENT POUR CA ?! »

Cria le jeune homme alors qu’il commença à se relever, tout en regardant gêné le sol.

« J’y peux rien, moi ! Si j’utilise ce pouvoir c’est comme ça. Crois pas que j’ai fait ça pour toi, que ce soit bien clair ! Puis, me regarde pas, PERVERS ! »

Yumeki grommela tout en mettant sa main devant le visage.

« Comment je fais moi pour ne pas voir ça ? En plus, tu peux m’expliquer, si déjà on en est là ? »

La jeune fille grommela à son tour et répondit :

« Pour faire simple, il y a un démon dans ce lieu qui pervertit les produits otaku afin de rendre leurs possesseurs violents, psychotiques et… enfin, tu vois le plan, non ? »

Un démon qui pervertit des jeux érotiques ? Voilà une idée qui ne serait jamais venue à l’esprit de Yumeki. Mais, soudainement, comme une illumination venue d’ailleurs, une question s’imposa à son esprit :

« C’est à cause de lui qu’il y a ces affaires criminelles à Akiba, récemment ?

– Whoo, je suis surprise de constater ta réflexion… il n’est pas seul sur le coup, mais, oui, ce sont les démons les responsables de tout ça. Celui-là, il ne fera de mal à personne, j’en prends la responsabilité… »

Sur ces paroles, elle bondit jusqu’au plafond sur lequel elle prit appui et s’élança pied en avant vers une pile de jeux.

Même s’il ne voulait pas vraiment la regarder à cause de sa tenue, il ne put s’empêcher d’observer l’action. Il était rouge comme une tomate et était incroyablement crispé, mais son expression était grave.

La violence du coup fut telle que dans un fracas assourdissant des morceaux de cartons, de disque et d’autres morceaux de plastique volèrent dans tous les sens.

C’est à ce moment-là qu’il se révéla… celui que Koharu chassait : le démon.

Cette petite silhouette blanche s’était extirpée très rapidement de la pile de jeu, avant même que le pied de la fille ne la heurte, il ne mesurait pas plus d’une cinquantaine de centimètres.

Son allure générale rappelait immédiatement les statues gargouilles des églises européennes, mais ses traits tenaient plus du félin que du bouc ou de la chèvre. Son visage ressemblait clairement à un chat, mais il n’avait aucun poil sur tout son corps, sa peau était d’une blancheur tirant sur le bleu et sa texture n’était pas sans évoquer le marbre.

Ses yeux étaient ronds, non pas au sens figuré, mais au sens littéral du terme ; ils étaient de couleur rouge intégrale, sans aucune distinction entre pupilles, iris et sclérotiques.

Enfin, dans son dos s’agitaient deux paires d’ailes membraneuses qui le soulevaient dans les airs.

« truzn idsnss qdhqbsqsbeeuqb oùmqsqkn »

Avec une voix aiguë et sifflante, ce petit être grotesque venait de s’exprimer. En d’autres circonstances et si son expression n’avait pas été si néfaste, il aurait pu passer pour mignon et adorable.

Koharu se redressa, poussa sa queue de cheval en arrière à l’aide du dos de sa main, leva la tête en direction de la créature et prit à son tour la parole dans cette langue bizarre :

« dfdernsfeidqhdedfezeizn »

Impossible de dire de quoi, ils pouvaient bien parler.

Il n’était pas vraiment effrayé par la petite créature, au fond, il savait qu’il avait les moyens de se défendre à présent qu’il était connecté à la Collection et qu’il était devenu un utilisateur de la TC, terme qu’il avait appris récemment.

La créature grommela comme prise d’une sorte de colère, le combat n’allait plus tarder à débuter…

L’instant d’après, en effet, la créature tendit ses mains en direction de Koharu et des rayons de lumière rouge en sortirent.

La jeune fille, sans aucune peine, bondit sur le côté pour les esquiver. Une petite explosion de lumière se produisit à l’endroit où elle se trouvait auparavant.

Sans perdre de temps, la créature projeta de nouveaux rayons sur la jeune fille, non plus deux, mais une bonne dizaine de rayons qui décrivirent des trajectoires courbes et qui s’entortillèrent les uns autour des autres, peut-être afin de tromper son esquive.

Mais, une fois de plus, Koharu ne sembla pas particulièrement surprise, elle paraissait parfaitement confiante en ses capacités.

Une explosion plus importante se produisit à l’endroit où elle se trouvait, elle n’avait bougé d’un pouce.

La chaleur de l’onde d’impact arriva jusqu’au jeune homme qui leva ses bras pour s’en protéger, mais il remarqua rapidement que c’était parfaitement inutile, une sorte de champ de force de couleur rose avec des dessins de symboles ésotériques complexes se forma dans les airs devant lui.

« Un champ de protection ? »S’exclama-t-il surpris.

Il réalisa rapidement que ça devait provenir de Koharu, cela signifiait donc que malgré la violence de l’attaque, elle était bel et bien en vie.

Alors que la lumière de cette explosion énergétique se dissipa, Yumeki put voir sa frêle silhouette dénudée au milieu de papier en flammes et de traces de brûlures au sol.

Elle se tenait toujours dans la même position qu’auparavant.

D’une voix sereine :

« sfgfeizfrenddsdsn.Tu ne m’atteindras pas comme ça, tu devrais déjà t’en rendre compte… Yumeki ne bouge pas de là, ma barrière te protégera. »

Sur ces mots, elle fit craquer ses doigts et, se tournant vers le jeune homme, elle leva son pouce en esquissant un sourire.

– Elle s’amuse donc en combattant, se demanda le jeune homme.

Le démon hurla de rage, il tendit ses mains pour réitérer l’attaque, mais…

Avant même qu’il le réalisa, Koharu n’était plus face à lui, elle venait de prendre appui sur un mur derrière lui et lui fonçait droit dessus.

*PAM*

Le bruit d’un violent impact résonna dans toute la pièce alors que le poing de la jeune fille heurta avec brutalité le corps du démon.

Ce dernier fut projeté, telle une balle sur un terrain de handball en direction de Yumeki, il s’écrasa contre la barrière protectrice qui venait de réapparaître avant de rebondir au centre de la pièce.

Alors qu’il reprit à peine ses esprits, la jeune fille lui attrapa le pied, le souleva et commença à le faire tourner à toute vitesse au-dessus de sa tête.

Cela ne dura que quelques brèves secondes, avant qu’elle ne bondit dans les airs et qu’elle ne lança le démon au sol de toute ses forces.

Sous l’impact, il provoqua un cratère et des débris volèrent tout autour de l’épicentre (ce qui était étrange en raison du revêtements de tissus qui englobait la pièce).

Koharu reposa les pieds au sol et, sur un ton de déception, elle dit à l’intention de Yumeki :

« Pfff, ils sont résistants, font beaucoup de bruits, mais cette catégorie de démon est clairement lente…Je ne sais même pas si ça vaut la peine de prolonger ce combat. »

Mais, alors qu’elle acheva sa phrase, du cratère jaillit, non pas une flopée de rayon comme précédemment, mais une vague d’énergie formant un demi-dôme qui s’agrandissait progressivement.

C’était logique, face à un adversaire capable d’esquiver à cette vitesse, il valait mieux utiliser une attaque de zone qui ne permettait aucune esquive.

Contrairement aux rayons, le dôme d’énergie n’avançait pas à vive allure, il progressait de quelques mètres en quelques secondes.

La jeune fille s’éloigna le plus possible, elle se positionna contre une paroi de la pièce, elle souriait.

De son côté, Yumeki ne bougea pas d’un pouce, il était certes inquiet, mais il voulait croire en la jeune fille, il savait qu’il pouvait lui faire confiance. Au fond, elle avait tout fait pour qu’il ne soit pas là, elle voulait vraiment le protéger.

Aussi, ne souhaitant pas être une gêne dans son combat, il se retint de fuir malgré sa crainte. Sa main était, malgré tout ouverte, s’apprêtant sûrement à manifester son pouvoir si nécessaire.

La jeune fille leva sa main au-dessus de sa tête et, prestement, des rubans apparurent et formèrent une sorte de lance. Elle l’empoigna fermement et changea de position :

« Bien pensé, mais je ne me laisserais pas faire. Ribbon Yari !! »

A ce moment-là, de l’énergie rose entoura son arme, elle arma son bras en arrière dans une position de lanceur de javelot, et elle la projeta de toute ses forces à l’intérieur de la sphère.

Lorsque la lance entra en collision avec le demi-dôme, un violent bruit se produisit, comme s’il ne s’était agit que d’une bulle de savon, elle pénétra la zone sans aucune difficulté.

A l’instar d’une véritable bulle de savon, le dôme éclata subitement alors que la lance transperça le petit corps du démon et qu’elle ne s’enfonça dans le sol.

Du sang s’écoula, il était d’une couleur blanche comme la craie et il paraissait poisseux.

Yumeki remarqua immédiatement que le démon n’était pas mort, malgré la violence de l’attaque, ses doigts bougeaient encore légèrement alors que son corps était retenu prisonnier par la lance qui le traversait.

La jeune fille ne lui laissa pas le temps de réagir, elle disparut de sa position et réapparut juste à côté de la lance, ses mouvements étaient incroyablement rapides.

Elle saisit l’arme avec un regard froid, l’arracha du corps du démon et la lui planta à nouveau dans le corps, une nouvelle giclée de sang fut projetée dans les airs.

Cette fois, les mains ne bougeaient plus…

Soudainement, Yumeki remarqua une autre petite silhouette derrière la jeune femme, elle s’apprêtait à la frapper dans le dos avec de longues griffes chargées d’énergie rougeoyante.

Il était évident qu’elle ne l’avait pas aperçu.

Yumeki lâcha les sachets de sa main, il s’avança d’un pas, puis d’un autre… il voulut crier, mais tout ce qu’il pouvait entreprendre à cette distance aurait été trop tard…

Il ne pouvait que regarder…

Il ne pouvait s’y résoudre, il ne voulait assister impuissant à ce spectacle…

Ses lèvres voulurent articuler quelque chose, mais sa force combative s’exprima la première par le biais d’une série de lames de vent qui jaillirent de sa main à toute vitesse et découpèrent le petit corps du démon en de multiples morceaux…

Son sang blanc fut projeté tout autour de lui, aspergeant le sol, les murs et Koharu, alors que les morceaux se dispersèrent au sol…

« Oohhh ! »

Sous l’effet de la surprise, la jeune fille se retourna et tomba à la renverse.

Sans hésiter, Yumeki se dirigea vers elle, depuis la fois où il avait « blessé » involontairement Linka avec ce pouvoir, il craignait de l’utiliser. Il avait vraiment peur d’avoir provoquer des dommages collatéraux.

Alors qu’il s’approcha d’elle, elle finit par soupirer et dire :

« Je suppose qu’il n’y en plus… vérifions quand même. Dark Hope Universe ! »

Le tissu qui ornait la pièce se mit à bouger, il se déplia, s’agita et revint à sa propriétaire.

Aussitôt, sa robe de maid se mit à briller, comme précédemment, des paillettes de lumières se mirent à miroiter autour d’elle à vive allure, alors que sa robe se dématérialisa pour devenir des paillettes.

L’instant d’après, elle revêtait une nouvelle tenue, ou plutôt, elle avait remit ses précédents vêtements, son kimono noir… même son œil rouge était revenu.

Elle regarda Yumeki d’un air étonné, puis tourna sa tête pour scruter les alentours, toujours assise au sol. La pièce était redevenue normale, les débris, le trou, les cadavres des démons, tout avait disparu, c’était comme si le combat n’avait jamais eu lieu.

« C’est bon, je ne détecte l’énergie d’aucun autre démon… et la contamination commence à se dissiper… Merci ! »

Elle lui sourit chaleureusement, puis, toujours assise sur son séant, elle baissa les yeux sur ses vêtements salis par le sang des démons.

« Tu m’as complètement salie, Oniisan ! »

Elle prononça ces mots sur un ton moqueur et jovial alors que deux légères tâches rouges commencèrent à colorer ses joues.

C’était la seule chose qui n’avait pas été « emportée » par la disparition du kekkai, le sang que ces créatures avait aspergé sur Koharu. Cela impliquait donc que les éventuelles blessures qu’elle aurait pu se voir infligées n’auraient pas disparues non plus, puisque ce qui touchait sa personne n’aurait pas « été réparé » par le kekkai.

Elle se redressa sans se relever, elle passa ses talons derrière ses fesses dans une position presque accroupie.

Alors que le jeune homme allait lui tendre la main pour l’aider à se relever…

*Blam blam*

La porte de la pièce s’ouvrit et se referma alors qu’un employé y entra.

Ses yeux s’ouvrirent en grands alors qu’il regarda le couple au milieu de la pièce ; instantanément, son visage devint complètement rouge, de la vapeur aurait pu sortir de ses oreilles.

En effet, depuis l’entrée de la pièce, ce qu’il voyait c’était Yumeki de dos face à Koharu assise au sol et couverte d’une substance blanche poisseuse.

La tête de Yumeki se tourna innocemment vers lui…

« JE SUIS DESOLE DU DERANGEMENT. »

Brusquement, il ressortit de la pièce en haletant.

Normalement, c’est eux qui auraient dû s’excuser de leur présence en ce lieu qui leur était normalement interdit, mais face à la gêne du spectacle, l’employé n’avait pas vraiment réfléchi à cela.

On pouvait encore entendre qu’il reprenait son souffle de l’autre côté de la porte.

Yumeki réalisa le premier le malentendu, lui aussi rougit, son corps entier bouillonnait presque au point d’imploser. Ensuite, ce fut le tour de Koharu.

Ils évitèrent de se regarder, ils étaient bien trop embarrassés pour cela. Yumeki lui tendit néanmoins la main et l’aida à se relever.

Puis, une fois debout, il lui tendit un mouchoir qu’il avait en poche. Elle l’accepta et commença à s’éponger…

« Désolé, chers clients de vous interrompre… Euh… cette pièce n’est pas autorisé aux clients… Euh… comment dire… »

Yumeki prit un bouffée de courage, il fallait bien réagir. Il aspira et dit aussi calmement que possible :

« On a… fini, on va sortir… Désolé, sincèrement désolé… »

Il n’osait pas faire face dans son esprit à l’image que l’employé devait se faire d’eux, c’était bien trop… honteux… mais il ne pouvait malheureusement rien y faire, c’était trop tard.

Il darda un coup d’œil timide en direction de Koharu, elle venait à peine de finir de s’éponger, elle était rouge comme une tomate.

Elle se tourna à son tour vers lui, le regarda quelques fractions de secondes dans les yeux, puis baissa le regard sur sa robe.

C’est là qu’elle sursauta légèrement comme si elle venait de se souvenir de quelque chose. Elle fouilla dans une poche de sa jupe et en sortit le cache-oeil qu’elle avait en venant dans le magasin. Puis, elle se releva.

En regardant le sol, les deux se dirigèrent vers la porte de la pièce. Yumeki récupéra au passage les deux sachets avec les jeux et la figurine.

Lorsqu’ils sortirent dans le couloir, l’employé se tenait à côté de la porte, il baissait le regard et était incroyablement crispé.

« Nous vous prions de nous excuser du dérangement occasionné… Revenez-nous voir prochainement pour découvrir nos nouveaux produits, chers clients. »

Il prononça ces mots à vive allure, le regard toujours rivé sur le sol, le corps légèrement incliné comme pour les saluer à la sortie du magasin.

Malgré sa honte, Yumeki ne se sentit pas le cœur de profiter ainsi de ses excuses. Il réunit tout le courage qu’il put et dit :

« Non, c’est nous qui nous excusons… »

Il s’inclina à son tour. Pendant quelques secondes au cours desquels personne n’osait se parler et personne n’osait se regarder. Puis, il sentit Koharu le tirer par la manche de sa veste, elle semblait décider à quitter les lieux avant que les choses ne se compliquent.

Sa sagesse lui dicta de suivre ce conseil et de s’en aller.

Quelques minutes après, sans qu’aucun autre employé ne les remarque, ils finirent par arriver dans la rue devant le magasin. Ils s’éloignèrent un peu de la foule en marchant quelques dizaines de mètres dans une rue perpendiculaire.

A ce moment-là, reprenant ses esprits, Koharu s’arrêta, se tourna vers le jeune homme et dit en le regardant dans les yeux :

« Merci de m’avoir sauvée, même si je t’avais dit de ne pas t’en mêler. Comme je te le disais avant, garde les jeux, tu les as mérités. »

Sur ces mots, elle le salua en s’inclinant légèrement.

Mais, Yumeki avait encore pas mal de questions à lui poser, il lui demanda alors de la voix la plus posée qu’il put, en dépit de sa gêne :

« Attends… j’ai des questions à te poser… »

Elle arrêta de marcher et se retourna vers lui, elle afficha un regard interrogateur alors qu’elle inclina à peine sa tête.

Elle ne dit mot comme si elle attendait qu’il pose ses questions :

« Qui es-tu précisément ? Pourquoi tu fais ce genre de choses ? Qui sont ces choses ? Et… pourquoi tu m’as choisi, moi ? »

Elle soupira et marqua un silence de quelques secondes. Puis, elle dit d’un ton un peu fatigué :

« Ferme les yeux, s’il te plaît… sauf si tu veux voir quelque chose de… gênant, encore… »

Yumeki sursauta, il ne s’attendait pas à ce genre de réponse.

– QU’EST-CE QUI LUI PREND, BORDEL ?! Elle veut faire quoi en pleine rue ? Non, attends… elle va faire quelque chose de… NON !!

Alors qu’il était en proie à ce genre de pensées, son corps tout entier était agité par une peur profonde et une anxiété insurmontable.

Il était tellement choqué et stressé qu’il n’osa pas fermé les yeux, mais…

« Pas grave… je t’aurais prévenu… »

Sur ces mots, elle porta ses mains sur les bords de sa jupe et commença à la lever en le regardant.

« AAAHHH ! »

Accompagnant ce cri spontanée, il ferma les yeux et se retourna.

– C’est une exhibitionniste ou quoi ?! Elle me paraissait pas comme ça pourtant !

Alors qu’il tremblotait sous l’effet du choc, il entendit les grincements des sachets plastiques dans sa main.

Soudain…

Une sensation douce et chaude qu’il connaissait déjà… sur ses lèvres… un nouveau baiser, sans la langue cette fois, un simple et tendre contact de lèvres à lèvres.

Alors qu’il réalisa ce qui lui arrivait, son corps tout entier entra dans une agitation frénétique, il chauffait à en bouillir.

L’échange ne dura pas très longtemps, mais il lui fallut quelques secondes avant de rouvrir les yeux… et de s’apercevoir qu’elle n’était plus là.

Il resta ahuri pendant quelques minutes.

« Décidément, je ne comprends pas les femmes… »

Finit-il par se dire à haute voix…

***

Quelques dizaines de minutes plus tard, après avoir traversé les rues nocturnes d’Akiba, il finit par arriver à l’appartement, où au QG comme aimait l’appeler Linka.

Traumatisé par son aventure avec Koharu, même s’il disposait des clefs, il préféra ne pas les utiliser, il ne souhaitait pas arriver « au mauvais moment ». Aussi, il envoya un message à Linka :

« Je suis en bas, tu peux ouvrir ? »

La réponse ne se fit pas tarder :

« T en retard ! (>﹏<) »

Alors que le téléphone vibra à la réception du message, la porte à son tour émis du bruit et elle s’ouvrit devant lui.

Tout en montant les escaliers, il se demanda ce qu’il pouvait bien lui raconter pour justifier son retard… il n’allait quand même pas lui parler des deux baisers…

Un bruit le tira de sa délibération : les deux sachets. Au vu de la passion otaku de la fille, le contenu de ces sachets serait une excuse appropriée.

-C’est un bon plan !

Il se faisait l’effet d’un mari qui venait de tromper sa femme et qui montait un stratagème complexe.

Cette triste pensée lui renvoya une mauvaise image de lui-même, il ne voulait absolument pas devenir ce personnage qu’il venait d’inventer de toute pièce, mais qu’il savait réel et assez commun.

Au fond, même s’il avait embrassé une autre fille, il ne sortait pas avec Linka, aussi il n’avait pas de raisons de se sentir coupable.

Même s’il tendait de dissiper ses doutes par renfort d’arguments logiques, cela ne fonctionnait pas si bien que cela, une certaine tristesse l’envahit.

C’est à ce moment-là qu’il arriva devant la porte de l’immeuble, porte qui était entre-ouverte.

Il ouvrit la porte lentement, il était démotivé.

Mais…

« Ah, tu es arrivé, Yumeki ! »

Depuis l’entrée, il regarda la zone salon : sur le canapé se tenait, sans réelle surprise, Linka, elle venait de lever ses bras en l’air en voyant Yumeki entrer. Devant elle, sur la table basse, outre les manettes de jeux, qui semblaient s’être encore multipliées depuis sa dernière venue, il y avait une grande quantité de snacks.

Linka était une jeune femme à la longue chevelure noire détachée qui lui descendait jusqu’au bas du dos, elle ne portait pas de frange, ses longues mèches s’écoulaient le long de son visage.

Son visage était plutôt de forme arrondie, ce qui lui donnait un air un peu de poupée. Un grain de beauté siégeait sous son œil droit, il ajoutait un mystère et un charme à son visage.

Aujourd’hui, elle était vêtue d’une long pull noir plutôt léger, une sorte de pull approprié à des températures pas trop froides, et une jupe plissée de couleur bleu avec des collants haut de couleur blancs.

Sur son pull, il y avait un logo blanc, bleu et rouge, celui très connu de la PG1, ainsi qu’une phrase en anglais très probablement (Yumeki avait un peu de mal à lire cette langue).

Comme toujours, elle était incroyablement belle, ses courbes harmonieuses renvoyaient une grande fragilité et une agréable douceur.

Prestement, il enleva ses chaussures et les rangea dans le meuble alors qu’il prit ses pantoufles.

« Désolé… du retard… »

Dit-il en se grattant l’arrière de la tête et en baissant le regard.

« Qu’est-ce qui t’es arrivé ? Ah, tiens ! Tu es repassé au First Player ? »

Yumeki ne savait plus vraiment où il en était, que devait-il faire ?

Il y avait une chose dont il était sûr, malgré tout…

« Tiens, c’est un cadeau pour toi ? »

Linka le regarda d’un air interrogateur en penchant sa tête et en écarquillant ses yeux sous le coup de la surprise.

Il répondit de façon gênée en détournant son regard :

« C’est un jeu qui est sorti aujourd’hui… je pense que… même si c’est… voilà quoi ! Ça devrait t’intéresser… »

Ne se souvenant plus du nom du jeu, il prit un des exemplaires dans le sachet pour le lui faire voir.

« AAAAHHHH ! MAGIKOI !! »

Sur ces mots, elle se dressa sur le canapé et, comme s’il s’était agit d’un tremplin, elle bondit de celui-ci jusque dans les bras de Yumeki.

Face à cette réaction inattendue et soudaine, le jeune homme eut à peine le temps de tendre ses bras pour ne pas la percuter, mais face à son poids, ils tombèrent tous les deux au sol.

« AHHH ! C’est trop gentiilllllll !! Comment tu as fait pour savoir que je l’avais pas encore acheté ? »

La chute n’avait pas été douloureuse pour Yumeki, la seule chose qui l’était c’était le fait d’avoir une femme désirable en tout point couchée sur lui, appuyant sa poitrine contre la sienne, et éparpillant sa chevelure soyeuse et à l’agréable odeur sur son visage.

Le jeune homme avait eu son lot d’affolement cardiaque pour la journée, il se demanda s’il pouvait encore en soutenir un ; il n’allait pas tarder à le savoir…

« Qu’est-ce que tu fais, idiote ?! »

Ce furent-là les seules paroles qu’il parvint à faire sortir de sa bouche, pour le moment…

« Laisse-moi voir ça ! »

Sur ces mots, sans attendre de réponse de sa part, elle prit le jeu qui était encore dans la main de Yumeki, se redressa légèrement (ce qui provoqua des frictions enivrantes sur d’autres parties du corps du jeune homme) et l’inspecta attentivement.

« Je suis tellement heureuse ! C’est la première fois qu’on m’offre quelque chose ! En plus, tu as choisi un jeu plutôt rare, tu es le meilleur ! »

Sur ses mots, elle se recoucha complètement sur lui, posant sa tête sur son torse et exposant sa chevelure aux narines du jeune homme.

Face à cette odeur, ce dernier oublia temporairement toute autre sensation, il était tellement enivré qu’il n’arrivait plus à bouger, pas plus qu’il ne pouvait réfléchir. C’était une sensation de bien-être simple et sans arrière-pensées.

Puis, sa raison finit par le rattraper, elle le ramena à lui en pleine crise d’angoisse. En effet, il avait tout de même une fille couchée sur lui, le genre de position qui, malgré la présence de leurs vêtements respectifs, était propre à éveiller divers instincts.

« C’est bon, j’ai compris. Arrête de faire l’idiote, c’est gênant. Retourne sur le canapé ! »

Paniqué, il utilisa un ton plus sec qu’il n’aurait voulu, il n’avait pas l’intention de la blesser, il voulait juste qu’elle s’éloigne.

Comme toujours, la jeune femme ne s’en offusqua pas, elle se releva lentement et regarda la boîte du jeu.

Son visage affichait un sourire adorable et le plus authentique qui soit, elle était comme une enfant recevant un jouet longtemps désiré.

Mais…

Toujours en position couché, Yumeki vit que malgré l’extrême joie qu’irradiait son visage, des larmes commencèrent à couler de ses yeux.

Cette scène lui renvoya une sensation particulièrement complexe : elle ne paraissait pas triste, rien en elle n’indiquait un tel sentiment, mais pourtant Yumeki ne put s’empêcher de le ressentir ainsi.

Il se releva à son tour :

« Pourquoi tu pleures ? »

Les larmes s’étaient intensifiées pendant le laps de temps qu’il avait pris à réfléchir et à se relever.

« Je pleure ? »

Elle porta une main à son visage enjoué. Ses traits changèrent, elle afficha la surprise et une certaine inquiétude.

Sa voix était, à l’instar de son visage, confuse et tremblotante alors qu’elle répondit :

« Je ne sais pas… pourtant je suis vraiment très contente… »

Yumeki lui posa une main sur la tête, un peu comme si c’était une enfant, et lui sourit de manière rassurante :

« Bah, c’est pas grave. Pleure, si tu veux… mais la surprise ne s’arrête pas là. Tu vas être encore plus contente d’apprendre que je t’offre aussi, une figurine collector à tirage limité. »

A la fin de sa phrase, il leva le pouce et lui lança un clin d’œil.

Les larmes de la jeune femme ne s’arrêtèrent pas malgré la bonne nouvelle, au contraire, c’était comme si elles avaient été alimentée par cette dernière.

« Ne… ne regarde pas… c’est bizarre… »

Elle frottait ses yeux tout en baissant le regard.

Finalement, afin de se cacher du jeune homme, elle mit sa tête sur la poitrine de ce dernier.

Le jeune homme pour respecter sa volonté, détourna son regard et regarda la télévision où était affiché le jeu auquel elle jouait.

Cela dura quelques minutes, elle était passée de l’enthousiasme à la tristesse.

Yumeki finit par se dire une fois de plus :

– Décidément, je ne comprends vraiment pas les femmes.

Malgré tout ce que cela pouvait impliquer, il décida de ne pas faire de mal à Linka, il voulait tout lui raconter, comment il avait eu la figurine, comment il avait rencontré Koharu et tout le reste.

Soudainement, de manière aussi abrupte que la crise s’était manifestée, elle s’arrêta.

Linka prit la parole :

« Et si tu me montrais la figurine ? »

– Tiens ! Fais-toi plaisir… Ah, au fait, tu peux avoir le jeu en double, si tu veux… »

Il lui tendit les deux sachets.

Même si ses traits affichaient une grande surprise, elle ne pleura pas cette fois, elle se contenta de rire sans se cacher, elle était redevenue la Linka habituelle.

« Whaaaa ! C’est trop cool ! C’est la figurine de la loterie réservée aux couples, non ? Je voulais te proposer d’y aller, mais je me suis dit que tu allais refuser… Comment tu l’as eu ? Allez, raconte-moi ! »

Yumeki prit un air mystérieux et alla s’asseoir.

« J’ai un peu faim, je vais te raconter pendant qu’on grignote… »

Et sur ces mots, il se mit à lui raconter l’histoire dans l’intégralité… les moments gênants y compris, bien qu’il les expliqua à sa façon, les édulcorants et les passant rapidement.

Linka l’écouta attentivement, elle paraissait réfléchir et analyser tout ce qu’il racontait.

« Elle t’a donc affirmé que ces démons seraient liés aux crimes actuels d’Akiba ? »

Il acquiesça et dit :

« Oui, c’est ce qu’elle a dit. C’est possible de faire ça ?

– Bien sûr. Tout est possible dans ce monde. Mais, je m’étonne qu’il y ait des démons mineurs à Akiba. C’est peut-être encore un stratagème des aliens… Il faudrait retrouver cette fille, Koharu, c’est ça ?

– Oui, c’est comme ça qu’elle s’est présentée… je ne sais pas si c’est son vrai nom, par contre. »

Il se gratta l’arrière de la tête tout en répondant de la sorte.

« Bah, pas important son nom, dit Linka enthousiaste. Nous savons qu’elle est du côté de la justice, ce qui est déjà cool. Puis, nous savons ce qu’elle cherche, il nous suffit de trouver les démons et nous la trouverons. »

Elle leva son pouce pour donner force à ses paroles. Puis, elle reprit :

« Bon, je vais te faire essayer Akuma no Tamashi 2, tu vas voir comme c’est difficile.

– Par contre, je ne reste que jusqu’à minuit.

– D’accord, Cendrillon ! »

Elle prononça ces mots avec un grand sourire.

« A propos, même si tu n’y étais pas allé exprès pour moi, je te remercie du cadeau. Tu devrais en prendre un pour y jouer, tu verras comme c’est excellent. »

A son tour, il sourit de manière embarrassée, non pas à cause du caractère érotique du jeu, mais à cause de la mise en scène pour lui donner le cadeau. Il se promit à lui-même que le prochain cadeau serait plus spontané.

Finalement, les choses ne se passèrent pas comme il l’avait annoncé, à minuit il était tellement absorbé par le jeu qu’il finit par repousser l’échéance au point de rater le dernier train. En effet, malgré sa difficulté incroyable, le jeu poussait le joueur à s’accrocher par instinct de défi.

En dépit des conseils de Linka, pour survivre dans celui-ci, il fallait plus que connaître des astuces, il fallait une véritable habilité de jeu.

A cette occasion, Yumeki découvrit qu’il était du genre têtu, il ne voulait pas s’avouer vaincu par la machine. Adolescent, il n’avait jamais été comme cela, c’était un nouveau trait de son caractère qui se révélait là.

Puisqu’il avait raté le dernier train, il décida de ne pas quitter le QG et il finit par passer la nuit à jouer.

Sa journée de travail allait s’annoncer des plus rudes au vu de sa fatigue, mais au moins il était emplit d’un sentiment de satisfaction et d’un certain enthousiasme dont il s’étonna lui-même…

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